
La critique acerbe des absurdités du monde du travail
Dans son ouvrage Ciao les nazes (Robert Laffont, 240 pages, 18 euros), Séverine Bavon, ancienne publicitaire devenue indépendante, propose une analyse incisive des travers du monde professionnel. À travers son expérience personnelle, marquée par trois burn-out, elle dépeint un univers où la novlangue et les faux-semblants règnent en maîtres.
Bavon souligne l’utilisation de périphrases pour masquer des réalités souvent difficiles. Par exemple, les « objectifs irréalistes » deviennent des « challenges », et les missions imposées sont présentées comme des occasions de « sortir de sa zone de confort ». Ce langage, décrit comme « onctueux », vise à dissimuler les véritables enjeux auxquels sont confrontés les salariés.
Elle critique également ce qu’elle appelle des « rustines cool », où les entreprises, face à des problèmes structurels tels que l’accumulation des arrêts maladie, optent pour des solutions superficielles. Des initiatives comme des séances de yoga gratuites sont proposées, tandis que les causes profondes des maux au travail restent inexplorées, jugées « trop coûteuses en temps et en argent ».
Selon différents baromètres, entre 45 % et 53 % des salariés français se trouvent en situation de détresse psychologique. De plus, une enquête de Malakoff Humanis révèle qu’en 2025, 53 % des managers ont reçu une prescription d’arrêt de travail, un chiffre en hausse de 13 % par rapport à 2022. Cette situation illustre un mode opératoire de plus en plus destructeur, où la responsabilité du bien-être au travail est renvoyée aux individus.
L’ouvrage de Bavon met ainsi en lumière les défis majeurs auxquels le monde du travail est confronté, tout en appelant à une prise de conscience collective sur l’importance de s’attaquer aux racines des problèmes, plutôt que de se contenter de solutions temporaires.
Source : Séverine Bavon, Ciao les nazes, Robert Laffont.






