
Les pathologies ne prennent pas de vacances : appel urgent face à la chute des réserves de sang
En mai, fais ce qu’il te plaît… Mais n’oublie pas de donner du sang. Partout en France, et notamment à Strasbourg, les établissements français du Sang redoutent le mois de mai et sa cohorte de jours fériés. 2026 ne déroge pas à la règle.
Quatre jours fériés en un mois, et avec les ponts, plus d’une dizaine de jours potentiellement non travaillés. Des conditions idéales pour programmer des congés. Cependant, cette période est délicate pour l’Établissement Français du Sang, chargé de constituer des réserves et de répondre aux besoins vitaux.
De nombreux donneurs partent en week-end prolongé. Hervé Levy, donneur de sang depuis 40 ans, explique : « Je donne une fois par mois, et là, j’ai été appelé pour une personne malade. On m’a sollicité comme j’ai un taux de plaquettes relativement important. Pour moi, c’est un devoir citoyen. Il faut toujours penser aux autres, et ça peut nous arriver aussi, alors tant que je peux donner, je donnerai. »
Les stocks de sang au niveau national doivent atteindre 100 000 poches pour faire face à la demande. Actuellement, ils plafonnent à moins de 90 000. Pour le plasma, la situation est encore plus préoccupante, la France étant dépendante à 65 % de l’étranger, notamment des États-Unis. Pourtant, le plasma est essentiel pour les patients immunodéprimés.
« On a besoin de 10 000 dons par jour, donc 4 jours fériés, cela représente 40 000 dons de sang et de plaquettes en moins », indique Mélanie Diem, chargée de communication à l’Établissement français du sang à Strasbourg. Elle souligne que, malgré une tension sur certains groupes sanguins, tels que les groupes O, les stocks sont globalement fragilisés. Les pathologies, elles, ne prennent pas de vacances.
L’appel à rester mobilisé a été entendu par Germain, 20 ans, dont c’est le premier don : « Ma tante va très souvent faire des dons de sang, et j’ai toujours voulu l’accompagner. J’ai la chance d’être en forme, ce n’est pas le cas pour tout le monde. »
Pour l’Établissement français du sang, il faudra maintenant rattraper le déficit accumulé en mai, d’autant que les produits sanguins ont une durée de vie limitée : 7 jours pour les plaquettes, 42 jours pour le sang.
Un mot d’ordre : prenez rendez-vous. Un geste qui ne prendra que quelques minutes, mais qui sera déterminant pour de nombreux patients.
Source : France 3 Alsace




