À Lille, le marché de l’immobilier d’entreprise sur une pente

À Lille, le marché de l’immobilier d’entreprise sur une pente « inquiétante » selon CBRE

Selon les chiffres du cabinet CBRE, le marché de l’immobilier d’entreprise de la métropole lilloise a terminé 2025 sur une note mitigée, avant un début 2026 marqué par un net ralentissement. « Les tendances sont inquiétantes », glisse Patrick Duez, directeur de CBRE Lille.

Bureaux : volume en hausse, transactions en recul

En 2025, la demande placée en bureaux a atteint plus de 163 000 m², soit une progression de 7 % par rapport à 2024, mais cette performance reste inférieure de 21 % à la moyenne des cinq dernières années. Le nombre de transactions a reculé de 14 % pour atteindre 242 opérations, avec seulement cinq transactions dépassant le seuil des 5 000 m².

Le premier trimestre 2026 confirme cette tendance à la baisse, avec seulement 22 600 m² placés, représentant une chute de 51 % par rapport au premier trimestre 2025 et de 62 % par rapport à la moyenne quinquennale, sans aucune transaction significative. Patrick Duez note que « les TPE-PME sont toujours actives sur des surfaces de moins de 500 m². Ce socle résiste bien. Au niveau des grands groupes, le contexte global pousse à la prudence : on renégocie son bail, on mise sur le télétravail ou le flex office plutôt que de déménager. »

Un recul qui s’inscrit dans une tendance nationale

La tendance générale est à la réduction des surfaces : les entreprises qui déménagent prennent en moyenne 20 % de mètres carrés en moins. L’offre disponible a ainsi grimpé à 389 300 m², avec un taux de vacance de 8,2 %. Ce recul à Lille s’inscrit dans une tendance nationale, où la demande placée chute de 36 % entre les deux premiers trimestres 2025 et 2026, et de 44 % par rapport à la moyenne quinquennale.

Investissement : des volumes limités, des taux qui se stabilisent

Le volume d’investissement dans les bureaux sur la Métropole Européenne de Lille (MEL) s’est établi à 100 millions d’euros en 2025, pour 13 transactions, dont deux dépassant 10 millions d’euros. Le taux de rendement se stabilise à 6 %. Au premier trimestre 2026, le volume d’investissement s’élève à 33 millions d’euros pour 4 transactions, laissant espérer un total annuel de 120 à 130 millions d’euros, avec peu de projets en VEFA. Patrick Duez souligne que « l’offre est très tendue sur le neuf » et que la crise de la construction ainsi que la hausse des taux rendent les prix très élevés pour les investisseurs, ce qui freine le lancement de nouveaux projets. À l’échelle nationale, les investissements dans l’immobilier de bureau ont reculé de 44 %.

« La région possède le parc d’entrepôts le plus récent et le moins cher de France. Mais la saturation du foncier et la préférence donnée aux industries vont faire monter les loyers. C’est le moment d’investir », ajoute Thomas Lemaître, responsable Investissement Logistique chez CBRE.

Locaux d’activités et logistique : des marchés plus solides

Le marché des locaux d’activités affiche une demande placée de plus de 141 000 m² en 2025 pour 117 transactions, avec des loyers variant de 80 à 100 euros le mètre carré selon les secteurs. Le premier trimestre 2026 montre un signe encourageant avec 34 000 m² placés et 34 transactions.

L’immobilier logistique dans le Nord – Pas-de-Calais a connu une année 2025 dynamique, avec 494 000 m² placés, dont 72 % de surfaces neuves, à un loyer de 57 euros le mètre carré. Cependant, le premier trimestre 2026 a vu une baisse à 57 000 m² et 4 transactions, tandis que l’offre disponible atteint 862 000 m².

Commerce : une vacance lilloise préoccupante

Le marché du commerce reste contrasté, avec un taux de vacance atteignant 12,2 % en moyenne dans Lille, mais qui tombe à 4,5 % sur les axes les plus recherchés, où les pas-de-porte manquent. Alejandro Garcia, consultant Retail chez CBRE, indique que « depuis le Covid, c’est compliqué pour les surfaces commerciales, notamment les plus grandes », et que les loyers dans les zones tendues de Lille atteignent rapidement des niveaux proches de ceux de certains arrondissements parisiens, alors que la fréquentation et le pouvoir d’achat diminuent.

Source : CBRE

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