
Carte scolaire : où se situent les 800 fermetures de classes élémentaires en Île-de-France ?
Le Snuipp FSU a révélé que près de 800 fermetures de classes dans le primaire sont prévues en Île-de-France pour la rentrée 2026, une région particulièrement touchée par ces mesures. La Seine-Saint-Denis et Paris se distinguent comme les départements les plus affectés, avec respectivement 151 et 142 classes devant fermer. Au niveau national, le nombre total de fermetures s’élève à 3 740, soit une augmentation de 60 % par rapport à l’année précédente.
Caroline Marchand, cosecrétaire du Snuipp FSU 93, a exprimé sa surprise face à cette situation, soulignant qu’elle s’attendait à des mesures moins drastiques après la suppression de nombreux postes dans le département cette année. Le ministère de l’Éducation nationale justifie ces fermetures par une baisse démographique, prévoyant une perte de 1 200 élèves en Seine-Saint-Denis pour cette année.
La méthode utilisée pour ces projections repose sur une nouvelle approche de « projection d’effectifs d’élèves sur dix ans ». Ce calcul s’accompagne également de la suppression de 67 emplois de professeurs dans le département. Actuellement, la Seine-Saint-Denis compte en moyenne 20 élèves par classe, un chiffre qui dépasse la moyenne de l’OCDE, qui est de 19 élèves.
À Paris, la situation est similaire, avec 142 classes et 83 postes supprimés. Audrey Bourlet de la Vallée, cosecrétaire de la section 75, souligne que les fermetures de classes se sont répétées ces dernières années, ce qui pourrait influencer la remontée des effectifs. La moyenne d’élèves par classe y est d’environ 22, mais la répartition varie considérablement selon les arrondissements.
Les suppressions de postes concernent principalement des enseignants partant à la retraite et des contractuels dont les contrats ne seront pas renouvelés. Caroline Marchand a également noté que les 34 postes de remplaçants créés pour la rentrée ne suffisent pas à répondre aux besoins croissants, ce qui contribue à la dégradation des écoles publiques.
La montée des prix de l’immobilier en petite couronne entraîne une gentrification, poussant certaines familles vers l’enseignement privé. Selon une note de l’Institut des politiques publiques, entre 2016 et 2024, les effectifs dans le secteur privé n’ont chuté que de 3,8 %, tandis que le public a enregistré une baisse de 24,4 %. Si cette tendance se poursuit, elle pourrait atteindre 33,6 % en CP en 2030 et 49,4 % en 6e en 2035.
Ces chiffres soulèvent des interrogations sur l’éventuelle volonté du gouvernement de privatiser progressivement l’éducation publique, augmentant le risque d’une école à deux vitesses. En 2024, 55 % des élèves de 6e issus de milieux favorisés étaient scolarisés dans le privé à Paris, une proportion qui pourrait atteindre 72 % d’ici 2035.
Les départements du 18, 19 et 20e, qui comptent le plus d’écoles, sont logiquement les plus touchés par ces fermetures. Audrey Bourlet de la Vallée a mis en garde contre les conséquences de cette politique d’austérité, qui pourrait accentuer les inégalités sociales.
Le Snuipp FSU 93 prévoit un rassemblement le 21 mai devant la DSDEN 93 pour défendre son « Plan d’urgence 93 », en attente de réponse depuis 2024. Un entretien avec le cabinet du ministre est également prévu le 3 juin pour discuter de la situation.
Source : Snuipp FSU




