
L’amour pour mon fils m’a fait perdre pied
Quatre membres d’une même famille, âgés de 20 à 74 ans, ont été jugés coupables ce mercredi 20 mai 2026 devant le tribunal correctionnel d’Évreux, d’avoir participé, de près ou de loin, à un trafic de stupéfiants. Seul le petit-fils, principal accusé, devrait rester en prison.
Un jeune homme, son père de 50 ans et sa mère de 45 ans ont pris place ce mercredi 20 mai 2026 dans le box des accusés du tribunal correctionnel d’Évreux, tous trois soupçonnés d’avoir participé à un trafic de stupéfiants. Le trafic de drogue, démantelé au mois d’avril dernier dans l’Eure, avait fait beaucoup parler de lui en raison des personnes impliquées.
Les peines prononcées par le tribunal correctionnel d’Évreux vont du simple sursis à de la prison ferme, aménagée sous bracelet électronique ou en détention, en fonction du niveau d’implication des uns et des autres. Les membres de cette famille de l’Eure, résidant au Thuit de l’Oison près d’Elbeuf, avaient été arrêtés le 7 avril dernier avec huit autres personnes, dont la grand-mère, seule personne impliquée dans ce trafic à n’avoir pas été placée en détention provisoire.
Les perquisitions s’étaient alors révélées fructueuses. 2,5 kilos d’héroïne ont été retrouvés chez la grand-mère, ainsi qu’un kilo de produit de coupe, une presse et 100 000 euros en liquide. Trois véhicules, ainsi que deux armes de poing et une réplique de kalachnikov ont également été saisis au cours des fouilles.
D’après les premiers éléments de l’enquête, le fils de 20 ans, apprenti boulanger, serait au centre de ce trafic de cocaïne et d’héroïne, alimentant quatre départements normands : l’Eure, la Seine-Maritime, la Manche et le Calvados. Le jeune homme aurait opéré via les réseaux sociaux, sous le pseudo de BK, depuis le domicile familial de Thuit de l’Oison. « J’ai fait des bêtises, je me suis cru dans un film », a convenu le principal accusé à l’audience.
Le principal accusé a été condamné à quatre ans de prison, dont un an avec sursis, ainsi qu’une amende de 15 000 euros. La partie ferme de la peine devra être exécutée en détention. Ses deux parents sont accusés d’avoir contribué à la logistique et d’avoir effectué des livraisons de produits stupéfiants. Leur avocat a expliqué avant l’audience qu’ils n’avaient fait qu’aider leur fils pour qu’il puisse quitter ce trafic le plus rapidement possible.
La mère aurait découvert les activités de son fils en novembre 2025 et l’aurait mis à la porte de la maison familiale, mais l’aurait ensuite accueilli de nouveau après que son fils a été séquestré et menacé de mort. Quelque temps plus tard, en février 2026, le jeune homme serait parti à Rodez. C’est à cette période que les parents auraient réalisé une transaction de drogue pour le compte de leur fils. La mère de famille aurait également envoyé un colis contenant du cannabis. « J’ai eu peur pour lui. L’amour pour mon fils m’a fait perdre pied », a admis la mère devant le tribunal.
Les deux parents ont été relaxés pour les faits de blanchiment, mais reconnus coupables pour le reste. Ils ont écopé de 30 mois de prison, dont 24 assortis d’un sursis probatoire, et une amende de 5 000 euros. À ces trois accusés s’ajoute la grand-mère de 74 ans, au casier judiciaire vierge, mais chez qui les stupéfiants ont été retrouvés. La drogue était vraisemblablement coupée, conditionnée et stockée dans sa maison.
Cette femme retraitée, ancienne aide à domicile, a avoué qu’elle connaissait les activités de son petit-fils, mais assure qu’elle ignorait qu’il cachait sa marchandise chez elle. Elle a finalement été reconnue coupable et condamnée à une peine de deux ans de prison avec sursis.
Le tribunal correctionnel a jugé le degré d’implication des quatre membres de cette famille, en condamnant plus lourdement le fils, à l’origine du trafic. Quatre autres personnes, des consommateurs, comparaissaient également devant le tribunal pour possession et consommation de stupéfiants. Leurs peines s’échelonnent de six mois de bracelet électronique à 15 mois de prison ferme. Les uns et les autres ont 10 jours pour faire appel.
Source : France 3 Régions



