Australie : la justice condamne un géant minier pour le préjudice culturel infligé à des aborigènes

Australie : la justice condamne un géant minier pour préjudice culturel infligé aux Aborigènes

La justice australienne a condamné le 12 mai le géant du minerai de fer Fortescue à verser une indemnisation de plus de 100 millions de dollars (10 milliards de francs) pour les atteintes culturelles subies par le peuple Yindjibarndi, dont les terres ancestrales ont été détruites par l’activité minière. Cette décision représente la plus importante indemnisation jamais ordonnée en Australie en vertu des lois reconnaissant les droits fonciers des peuples autochtones.

Le juge fédéral Stephen Burley a décrit comment quatre grandes mines à ciel ouvert, une voie ferrée, un remblai de résidus miniers, des décharges, et un stock de matériaux ont été disséminés sur les terres du peuple Yindjibarndi dans la région de Pilbara, à l’ouest du pays. En raison des dangers associés, une zone de 135 km² a été clôturée pour interdire l’accès au hub minier de Fortescue, baptisé « Solomon ». Au total, 124 sites classés du patrimoine autochtone ont été « complètement détruits » par les activités de l’entreprise, tandis que d’autres ont été excavés, recouverts de routes, ou noyés sous des barrages de résidus.

Le juge a accordé une indemnisation financière « relativement faible » d’environ 100 000 dollars australiens, indexée sur la valeur du terrain, mais a évalué séparément la perte culturelle à 150 millions de dollars australiens (11 milliards de francs). Cette indemnisation est inférieure à la demande de la Yindjibarndi Ngurra Aboriginal Corporation, qui réclamait plus de 800 millions de dollars australiens pour les pertes économiques et 1 milliard de dollars pour le préjudice culturel.

Fortescue, dirigée par le milliardaire Andrew Forrest, a déclaré, par l’intermédiaire d’un porte-parole, qu’elle « se soucie profondément de tous les peuples Premiers, y compris de la communauté Yindjibarndi » et qu’elle reconnaît leur droit à une indemnisation. La société a également affirmé travailler avec les peuples autochtones de la région pour gérer leur patrimoine culturel de manière durable et responsable.

Pour le NNTC, le comité représentant les propriétaires terriens aborigènes, cette affaire souligne l’ampleur des compensations encore dues. Jamie Lowe, directeur général du NNTC, a commenté que « la persévérance du peuple Yindjibarndi est une source d’inspiration pour les autres propriétaires traditionnels ».

Leur titre foncier sur ces terres est reconnu depuis plus de vingt ans, mais ils ont dû passer quatre ans devant les tribunaux pour obtenir réparation. Des centaines d’organisations de propriétaires traditionnels à travers le pays attendent encore des indemnisations pour des actes passés et présents. Selon Lowe, les sommes non versées représentent une perte en termes de développement économique et d’opportunités d’investissement pour les communautés des Peuples Premiers.

Dans son jugement, le juge Burley a cité le témoignage de Middleton Cheedy, membre du peuple Yindjibarndi, qui a exprimé son traumatisme face aux destructions causées par la mine.

Source : Agence de presse internationale

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