
Au Père-Lachaise, la biodiversité reprend ses droits à la faveur d’une politique écologique volontariste
La France a récemment célébré le Printemps des cimetières, un événement national qui s’est déroulé du 8 au 11 mai, permettant de mettre en lumière les richesses souvent méconnues des cimetières. Depuis son lancement en 2016, le nombre d’organisateurs et de visiteurs n’a cessé d’augmenter, témoignant de l’intérêt croissant du public pour ces lieux de mémoire et de biodiversité. À cette occasion, le cimetière du Père-Lachaise à Paris a été mis à l’honneur, où son conservateur, Benoît Gallot, a guidé une balade nocturne pour explorer la faune et la flore du site.
Situé en plein cœur de Paris, le cimetière du Père-Lachaise s’étend sur 44 hectares. Benoît Gallot, qui en est le conservateur, a observé depuis plus de huit ans un retour inattendu de la faune. « Nous avons eu la chance de voir le renard revenir, ainsi que le faucon hobereau », a-t-il déclaré. La biodiversité est au centre de ses préoccupations : « Nous avons quatre espèces d’orchidées sauvages, revenues grâce à l’enherbement des trottoirs. Le cimetière verdit peu à peu », a-t-il ajouté.
Nicolas Robin, cartographe-référent biodiversité pour le service des cimetières de la Ville de Paris, souligne l’importance de l’absence de pollution lumineuse dans le cimetière. Cela crée un environnement propice à l’observation de la faune nocturne, notamment de la chouette hulotte. « La pollution lumineuse influence directement son cycle biologique et sa chasse », a précisé Hugo de Vergès, coordinateur du suivi des rapaces à Paris.
En plein jour, les visiteurs peuvent également profiter de cette biodiversité. Benoît Gallot a noté que « plusieurs espèces d’oiseaux sont visibles, parfois même des renards ». Les témoignages des usagers du cimetière soulignent le réconfort que cette présence animale peut apporter aux endeuillés, leur permettant de se sentir entourés de vie.
Les efforts pour encourager la biodiversité continuent, avec des projets visant à établir des corridors écologiques reliant le Père-Lachaise à d’autres espaces verts parisiens, comme le bois de Vincennes. Le conservateur espère également voir revenir l’écureuil dans le cimetière, une espèce dont la présence n’a pas encore été observée sur le long terme.
Source : RFI





