
La domination masculine à l’épreuve de l’histoire
Dans toutes les civilisations humaines, une domination masculine est observée. Cette tendance est-elle intrinsèque à l’espèce humaine ou est-elle apparue à un moment de son évolution ? Cette question, déterminante, a pris une ampleur particulière ces dernières années, sous l’effet d’une dynamique féministe et des avancées permises par des révolutions technologiques, telles que la paléogénétique.
De nombreuses publications, tant scientifiques que grand public, se sont penchées sur cette problématique. Parmi elles, Lady Sapiens (Les Arènes, 2021), de Thomas Cirotteau, Jennifer Kerner et Eric Pincas, a popularisé l’image d’une femme préhistorique forte et indépendante. Cette déconstruction a été accompagnée par L’homme préhistorique est aussi une femme (Allary, 2020), où la préhistorienne Marylène Patou-Mathis a revisité cette période en écartant les « préjugés sexistes » souvent véhiculés par la discipline.
Face à ces interprétations, l’anthropologue Christophe Darmangeat défend l’idée d’une domination masculine originelle, comme l’indique son ouvrage Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était. Aux origines de l’oppression des femmes (Smolny, 2022). Anne Augereau, qui a codirigé avec Darmangeat Aux origines du genre. Enjeux, méthodes et controverses (PUF, 2022), souhaite établir une synthèse objective des connaissances sur cette question. Son livre, Une préhistoire des femmes (La Découverte, 416 pages, 26 euros), propose un état des lieux précieux sur ce sujet sensible.
Cette exploration de la préhistoire des femmes et des dynamiques de genre pourrait contribuer à une meilleure compréhension des structures sociales actuelles, tout en interrogeant la pérennité des inégalités de genre à travers le temps.
Source : Le Monde





