
C’est de la maltraitance institutionnelle qu’on fait au quotidien : à bout, les salariés d’un Ehpad demandent plus de moyens
Le personnel de l’Ehpad La Caponada à Lézignan-Corbières (Aude) a manifesté ce mercredi 20 mai 2026 pour exiger des moyens supplémentaires afin d’améliorer les conditions de travail auprès des 127 résidents. Ils dénoncent un manque d’effectifs qui engendre une maltraitance institutionnelle.
Les salariés alertent sur des conditions de travail dégradées, notamment en raison d’un matériel souvent en panne, comme des ascenseurs et des lève-malades. « Le collectif est à bout, on dit stop », déclare Mélanie Briole, aide-soignante et représentante du collectif. Les témoignages évoquent des journées de travail épuisantes, où les repas sont chronométrés et où les soins sont administrés dans la précipitation.
Les soignants font état d’un manque crucial d’aides-soignants et d’infirmiers. « Un jour de sous-effectif, des agents ont fini en pleurs », explique Mélanie Briole. Les repas doivent être servis en moins de cinq minutes, et les couchers sont gérés par seulement deux personnes pour une trentaine de résidents, dont certains sont grabataires.
Dans un courrier adressé à la direction, le personnel a souligné les conséquences de ces manques sur la qualité des soins : douches annulées, erreurs accrues dues à la fatigue, et une baisse générale de l’accompagnement. « C’est de la maltraitance institutionnelle qu’on fait au quotidien », déclare l’aide-soignante.
Mélanie Briole et ses collègues craignent que la situation ne s’aggrave avec l’arrivée prochaine de dix résidents supplémentaires d’un autre établissement. Actuellement, quatre soignants sont responsables de 127 résidents, ce qui rend la situation insoutenable. Les agents réclament des effectifs adéquats pour tous les postes, matin et après-midi.
Une réunion avec la direction était prévue, mais la présence des syndicats a été refusée, ce qui a conduit les salariés à quitter la réunion. D’autres actions sont envisagées pour faire entendre leur voix.
Source : France 3 Occitanie




