À La Rochelle, l’extrême droite s’inquiète : les cancers pédiatriques, un détail de campagne ?
Le fait principal
À La Rochelle, une mobilisation citoyenne s’intensifie face à une série alarmante de cancers pédiatriques, mettant en lumière les liens potentiels avec l’utilisation de pesticides dans l’agriculture intensive.
Ce qui s’est passé
Le 19 septembre 2026, environ 500 personnes ont défilé à La Rochelle lors de l’Appel de La Rochelle, organisé par l’association Avenir Santé Environnement (ASE). Parmi les manifestants se trouvait Nathalie Brion, qui porte chaque année une pancarte en mémoire de sa fille Pauline, décédée d’une leucémie à 15 ans. Cette mobilisation a été initiée par des parents et des citoyens inquiets de l’augmentation des cas de cancers chez les enfants dans la région, notamment à Saint-Rogatien, où six enfants et adolescents ont été diagnostiqués entre 2008 et 2018.
Le contexte
La plaine d’Aunis, où se situe Saint-Rogatien, est dominée par l’agriculture céréalière intensive, et a connu plusieurs épisodes de pollution. En 2021, un capteur a enregistré un taux record de prosulfocarbe, un herbicide. En 2023, des captages d’eau potable ont été fermés à cause d’un fongicide. Malgré ces données alarmantes, les autorités affirment que le lien de causalité entre les cancers pédiatriques et les pesticides n’est pas encore prouvé scientifiquement.
Les chiffres à retenir
- Entre 2008 et 2018, six cancers pédiatriques diagnostiqués à Saint-Rogatien.
- En mars 2025, le Registre général des cancers de Poitou-Charentes a observé 7 cancers pédiatriques contre 1,8 attendu.
- Une étude de l’ASE en 2024 a révélé 14 molécules dans les urines et 45 dans les cheveux de 72 enfants.
Ce que cela révèle
Le silence assourdissant des autorités face à cette crise sanitaire interpelle. Alors que des parents se battent pour la santé de leurs enfants, le gouvernement semble plus préoccupé par la défense des intérêts agricoles que par la protection de la santé publique. La préfecture a finalement lancé Exposcan, une initiative pour étudier les expositions environnementales, mais les attentes demeurent faibles. Les promesses de changement résonnent comme un écho lointain dans une vallée de pesticides, où la vie des enfants semble être le dernier des soucis.
Ce qu’il faut retenir
À La Rochelle, la lutte contre les cancers pédiatriques s’intensifie, mais le manque de preuves scientifiques et l’inaction des autorités soulèvent des questions sur la responsabilité de l’État face à une agriculture qui empoisonne. Les familles n’attendent pas, et la mobilisation citoyenne pourrait bien être le dernier rempart contre l’indifférence.
Source : Reporterre
