
Le gouvernement a présenté un projet de loi visant à sécuriser le travail le 1er mai pour les artisans boulangers-pâtissiers et fleuristes. À l’issue du conseil des ministres du 29 avril, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a souligné que cette initiative résultait d’un dialogue social intense, cherchant à clarifier les conditions de travail pour ces professions. Ce projet de loi intervient après une polémique suscitée par une précédente proposition de loi sénatoriale, qui avait suscité des inquiétudes quant à une possible extension des métiers concernés.
Double condition
Le projet de loi se veut restrictif et comprend un seul article, ne s’appliquant qu’aux artisans ayant moins de 11 salariés. Les artisans boulangers-pâtissiers et fleuristes pourront ainsi faire travailler leurs employés le 1er mai, mais sous deux conditions : le travail doit être volontaire et rémunéré au moins au double du tarif habituel, en plus d’un accord de branche prévoyant cette possibilité. Ce cadre vise à lever l’insécurité juridique qui a prévalu depuis un arrêt de la Cour de cassation en 2006.
Pour le 1er mai 2026, le gouvernement n’a donné aucune instruction spécifique aux inspecteurs du travail, appelant à une « intelligence collective » pour garantir le respect des conditions établies.
Profond clivage
Malgré ces mesures, le projet de loi n’a pas mis fin aux tensions autour du 1er mai. Cinq confédérations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) ont exprimé leur désaccord, tandis que d’autres professions, comme la boucherie et la poissonnerie, se sont déclarées lésées, arguant que leurs activités sont tout aussi essentielles, notamment en période de fêtes.
Cette situation souligne un malaise au sein même du gouvernement, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, ayant pris ses distances avec le texte, rappelant l’importance historique du 1er mai. Jean-Pierre Farandou a tenté de tempérer les inquiétudes en affirmant que la loi respecterait l’essence de cette journée symbolique.
Source : Localtis.






