Adoptés et victimes d’incestes : la douloureuse et lente reconnaissance d’une violence quotidienne

Adoptés et victimes d’incestes : la douloureuse reconnaissance d’une violence quotidienne

Jackie, 25 ans, originaire du Cameroun, a été adoptée par un couple belge du Borinage à l’âge de cinq ans. Elle décrit son enfance comme étant marquée par un environnement familial « hyperdysfonctionnel », avec un père adoptif alcoolique et violent, et une mère adoptive effacée.

Dès son jeune âge, Jackie subit des violences physiques et mentales. Elle évoque des menaces de mort, des insultes racistes, ainsi qu’une promiscuité imposée par son père adoptif. « J’ai directement pris le bain avec lui, il faisait ma toilette parce que ma mère adoptive travaillait. Entre 5 et 13 ans, j’ai dormi dans leur lit, on regardait des films avec des scènes de sexe non consenti, comme Les Valseuses. Je n’avais pas le droit à l’intimité au sein de la maison. Quand j’ai voulu fermer ma porte à clé, il l’a défoncée », raconte-t-elle.

La mort de sa mère adoptive, alors qu’elle n’avait que 13 ans, aggrave la situation. Son père adoptif, de plus en plus en proie à l’alcool, la force à endosser un rôle parental. Ce climat, selon Jackie, correspond à un « climat incestuel ». Elle décrit une situation où son père adoptif la touchait de manière inappropriée : « Il avait tout le temps ses mains sur moi, alors qu’on n’avait pas d’attachement particulier. Je réfléchissais systématiquement où j’allais, parce qu’il était toujours plus ou moins au même endroit que moi dans la maison. Et à chaque fois que je passais à côté de lui, il m’attrapait les fesses, il me touchait les seins, il me pinçait les tétons. »

Ce témoignage met en lumière la nécessité de reconnaître et de traiter les violences subies par les enfants adoptés, souvent invisibilisées dans les discours sur l’adoption et la famille.

Source : RTBF.

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