Pénurie de carburant en Cisjordanie: “J’ai attendu deux heures à la station, pour rien”

Pénurie de carburant en Cisjordanie : “J’ai attendu deux heures à la station, pour rien”

Depuis le début de la guerre entre Israël et l’Iran le 13 juin 2025, les files d’attente s’allongent devant les stations-service en Cisjordanie occupée. Les habitants affluent pour faire le plein de carburant ou acheter du gaz, dans une atmosphère de panique alimentée par le conflit. Bien que les autorités palestiniennes assurent que l’approvisionnement se poursuit normalement, les pompes sont souvent à sec, comme le montrent plusieurs vidéos et témoignages d’habitants diffusés sur les réseaux sociaux.

Une pression énorme sur les stations

Sundus Ali, journaliste résidant à Tulkarem, décrit la situation : « Dès que cette guerre a commencé, les effets se sont fait sentir immédiatement chez nous. Depuis six jours, les gens se ruent sur les stations pour remplir leur réservoir, acheter du diesel ou même stocker du gaz de cuisson. J’ai attendu deux heures à la pompe. Quand mon tour est arrivé, il n’y avait plus une goutte d’essence. » Le diesel, utilisé principalement par les camions et les transports en commun, est encore plus difficile à trouver, entraînant l’immobilisation de nombreux véhicules.

Impact sur l’approvisionnement

La fermeture temporaire de deux des trois champs gaziers offshore israéliens en raison du conflit a réduit de près de deux tiers la production de gaz en Israël. Cette baisse significative affecte directement l’approvisionnement en Cisjordanie. Des camions-citernes, habituellement destinés aux stations-service palestiniennes, ont été redirigés vers l’armée israélienne, selon Mohammad Abu Al-Rob, directeur du centre de communication de l’Autorité palestinienne. De plus, le gaz de cuisson a également disparu des rayons. Sundus signale qu’il est impossible de trouver une bouteille de gaz à Tulkarem, et les prix ont grimpé, passant de moins de 60 dollars à 90 dollars en six jours.

Un contexte de restrictions

La pénurie est aggravée par le maillage militaire de la Cisjordanie, qui compte près de 900 checkpoints et barrages. Les routes entre les villes palestiniennes sont complètement bloquées, rendant impossible le déplacement entre Tulkarem et Ramallah, ou entre Jenin et Naplouse. Selon Sundus, cette situation devrait logiquement entraîner une baisse de la consommation. Cependant, la panique pousse même ceux qui n’en ont pas besoin à faire le plein à des prix exorbitants.

Appel à la responsabilité

Face à cette crise, Sundus appelle à un sursaut de responsabilité collective : « Si on n’a pas besoin de faire le plein, on ne doit pas le faire. On devrait tous consommer selon nos besoins. Mais les gens ont peur, et ça empire les choses. Nous faisons avec, nous limitons les trajets, nous restons en ville. Que Dieu nous aide. »

La crise du carburant en Cisjordanie met en lumière les défis auxquels sont confrontés les habitants dans un contexte de guerre, d’approvisionnement limité et de restrictions de mouvement.

Source : France 24

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