Défendre sa terre : Les accents patriotiques d’une chanson bretonne sous Louis-Philippe
En 1834, alors que les tensions internationales sont palpables, une chanson bretonne intitulée An electionou (Les élections) est publiée par Alexandre Ledan dans la revue bilingue Mignon al Labourer (L’ami de l’agriculteur). Ce morceau musical met en avant la détermination des Bretons à défendre leur terre, soulignant le faible pouvoir des électeurs à cette époque, représentant seulement 1 % de la population sous le règne de Louis-Philippe.
La chanson évoque la fierté de la jeunesse bretonne, ornant leurs fusils de fleurs lors des fêtes, tout en rappelant les luttes passées contre les envahisseurs, notamment les Anglais et les Danois. Elle présente des passages tels que :
« Si John l’Anglais venait à débarquer dans notre pays, sur son nez il attraperait. Au lieu d’une fourche ou d’une pelle, on lui présentera tout de suite une baïonnette ou un sabre. »
Cette référence aux luttes historiques sert de moteur pour galvaniser les esprits face à de potentielles menaces étrangères.
Les souvenirs des guerres napoléoniennes sont également présents, notamment l’occupation par les forces étrangères suite au Traité de Paris de 1815. Cette période a laissé des traces dans la mémoire collective, avec une occupation prussienne de la Haute Bretagne de 1815 à 1818.
Dans un contexte où la défense nationale est primordiale, la chanson appelle à l’unité et à la résistance, soulignant que les Bretons souhaitent maintenir leur liberté et leur amitié avec les nations voisines, tout en restant vigilants face aux agressions.
Cette œuvre, tout en étant ancrée dans son époque, résonne avec des valeurs d’appartenance et de défense qui pourraient inspirer les générations futures.
Source : Alexandre Ledan, An electionou, Mignon al Labourer, Archives départementales du Finistère.




