
Treize ressortissants australiens rapatriés d’un camp de familles de jihadistes en Syrie
Treize ressortissants australiens, composés de femmes et d’enfants, vont rejoindre l’Australie après avoir passé plusieurs années dans le camp de Roj, en Syrie. Ce camp abrite des familles de jihadistes qui ont rejoint les rangs de l’État islamique dans les années 2010, avant d’être capturés lors de l’effondrement du groupe. Le gouvernement australien a annoncé ce mercredi 6 mai le retour imminent du groupe, après une première tentative infructueuse en février 2026 en raison de « problèmes techniques » entre les familles et le gouvernement syrien.
Les treize ressortissants devraient fouler le sol australien dès ce jeudi 7 mai, malgré les réticences du gouvernement. Le ministre de l’Intérieur, Tony Burke, a déclaré lors d’une conférence de presse que le gouvernement ne participera pas au rapatriement et n’apportera aucune aide à ces personnes. Il a ajouté : « Elles ont pris une décision scandaleuse et honteuse. Si un ou plusieurs de ces individus parviennent à revenir en Australie, et s’ils ont commis des crimes, ils devront s’attendre à subir toute la rigueur de la loi, sans exception. »
Quatre femmes et neuf enfants vivant dans le camp de Roj doivent atterrir à Sydney et Melbourne ce jeudi, selon les médias locaux. Krissy Barrett, commissaire de la Police fédérale australienne, a confirmé que des arrestations auront lieu à leur arrivée. Elle a précisé que certaines personnes seront arrêtées et inculpées, tandis que d’autres feront l’objet d’enquêtes approfondies. Les enfants qui reviennent avec ce groupe seront invités à suivre des programmes d’insertion sociale et bénéficieront d’un accompagnement thérapeutique.
Des enquêtes pour crimes contre l’humanité, tels que la traite des esclaves, ont déjà été ouvertes, selon ABC News. Le président de la Commission australienne des droits humains, Hugh de Kretser, a appelé le gouvernement à faciliter le retour de 34 femmes et enfants australiens détenus depuis sept ans dans le camp de Roj, en rappelant que des ressortissants australiens avaient déjà pu quitter ce camp en 2019, 2022 et l’année dernière. L’Australie a érigé en infraction le fait de se rendre dans la province de Raqqa, bastion de l’État islamique en Syrie, entre 2014 et 2017.
Une femme revenue de Syrie en 2022 avait été inculpée par la police australienne pour s’être rendue dans une zone contrôlée par des terroristes.
Source : RFI





