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Supprimées en début d’année, les zones à faibles émissions pourraient finalement être maintenues. Ce mardi 14 avril, le gouvernement va tenter de relancer ce dispositif controversé à l’Assemblée nationale, en proposant une version plus souple.

A la fin du mois janvier 2026, députés et sénateurs avaient voté en commission mixte paritaire la suppression des « zones à faibles émissions », un texte qui devait ensuite être adopté à l’Assemblée nationale et au Sénat. Mais le gouvernement avait préféré repousser son examen après les élections municipales, ne souhaitant pas voir la campagne électorale perturbée par les polémiques tant la question est brûlante.

Le gouvernement a depuis annoncé le dépôt d’un amendement pour tenter de sauver ces zones à faibles émissions qui ont fait leurs preuves dans l’amélioration de la qualité de l’air dans les grandes villes. Il sera examiné dans le cadre du vote définitif du projet de loi sur la « simplification de la vie économique », débattu ce mardi 14 avril à l’Assemblée nationale.

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Laisser le « libre choix »

L’amendement propose notamment de laisser « le libre choix aux collectivités territoriales » de déployer ou non ce dispositif qui limite la circulation de certains modèles selon la vignette Crit’Air. L’objectif du gouvernement est de maintenir ce cadre pour permettre aux villes qui le souhaitent de continuer à l’appliquer. Sans cela, une interdiction définitive des ZFE empêcherait même les métropoles volontaires de les instaurer.

En 2025, le gouvernement avait tenté une approche similaire, mais l’amendement imposait encore les ZFE aux villes les plus polluées, comme Paris ou Lyon, ce qui avait conduit à son rejet. Cette fois, l’exécutif mise sur un dispositif plus souple pour tenter de trouver un compromis. Il défend ainsi des ZFE « à la carte », accompagnées de dérogations et d’aides ciblées, notamment des dispositifs de leasing pour permettre aux ménages les plus modestes, qui résident ou travaillent dans ces zones, d’acquérir un véhicule électrique.

Mais dans toutes les formations politiques, y compris celles qui sont favorables à leur maintien, des députés considèrent la mesure mal conçue et potentiellement injuste pour les foyers n’ayant pas les moyens de changer de véhicule. Philippe Tabarot, ministre des Transports, avait d’ailleurs exprimé en mai 2025 son souhait d’une remise à plat du dispositif.

Zones à faibles émissions : le retour du serpent de mer

Le gouvernement, après avoir supprimé les zones à faibles émissions, tente de les ressusciter avec une version assouplie. Une manœuvre qui soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Alors que les députés et sénateurs avaient voté pour la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) en janvier 2026, le gouvernement, dans un élan de clairvoyance tardive, propose un amendement pour sauver ce dispositif. Ce dernier, qui a prouvé son efficacité dans l’amélioration de la qualité de l’air, sera examiné ce mardi 14 avril à l’Assemblée nationale. Une belle tentative de jonglage politique, n’est-ce pas ?

Ce qui se passe réellement

En janvier 2026, la commission mixte paritaire a décidé d’éradiquer les ZFE, un texte qui devait passer sans encombre à l’Assemblée et au Sénat. Mais voilà, le gouvernement a eu la sagesse de repousser l’examen, craignant que la campagne électorale ne soit entachée par des polémiques. Qui aurait cru que la santé publique pourrait interférer avec le bon déroulement d’une campagne électorale ?

Maintenant, l’exécutif propose un amendement pour laisser « le libre choix aux collectivités territoriales » d’appliquer ou non ces zones. Une belle manière de dire : « Faites ce que vous voulez, mais ne venez pas nous embêter si ça ne marche pas. » En somme, un cadre flou pour permettre aux villes de faire ce qu’elles veulent, sans aucune obligation. Pratique, non ?

Pourquoi cela dérange

Cette approche « à la carte » soulève des interrogations. Pourquoi laisser les collectivités décider alors que certaines métropoles, comme Paris et Lyon, sont parmi les plus polluées ? Cela ressemble à une fuite en avant, une manière de se dédouaner des responsabilités tout en prétendant agir pour l’environnement. Les députés, même ceux favorables aux ZFE, jugent cette mesure mal conçue et potentiellement injuste pour les foyers qui n’ont pas les moyens de changer de véhicule. Une belle ironie, quand on sait que le gouvernement parle d’équité sociale tout en proposant des aides ciblées pour l’achat de véhicules électriques.

Ce que cela implique concrètement

Si cet amendement passe, certaines villes pourraient continuer à appliquer les ZFE, mais d’autres pourraient tout simplement choisir de ne rien faire. Cela signifie que la qualité de l’air, déjà compromise dans de nombreuses métropoles, pourrait continuer à se dégrader. En somme, une belle promesse de laisser le choix, mais à quel prix ?

Lecture satirique

Le gouvernement nous vend une vision idyllique où chaque collectivité est libre de choisir son destin. Mais n’est-ce pas là une belle manière de masquer l’inefficacité de ses propres politiques ? Pendant ce temps, les citoyens, eux, continuent à respirer un air pollué, tandis que les élus se congratulent autour de leur « libre choix ». Une belle farce, en somme.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les gouvernements prétendent agir pour le bien commun tout en se défaussant de leurs responsabilités. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, le discours est le même : promettre des libertés tout en les restreignant. Une ironie qui ne fait que renforcer le cynisme ambiant.

À quoi s’attendre

Si cet amendement est adopté, il est probable que les ZFE continuent d’exister, mais de manière fragmentée et inefficace. Les métropoles qui en ont besoin pourraient se retrouver à la merci des décisions de collectivités moins engagées. Une belle promesse de progrès, mais qui risque de ne jamais voir le jour.

Sources

Source : www.ladepeche.fr

Les ZFE déjà de retour ? Comment un amendement discuté ce mardi pourrait rétablir les zones à faibles émissions
Visuel — Source : www.ladepeche.fr
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