Véritable moteur de l’évolution législative, l’AVFT est notamment à l’origine de la loi de 1992 qui a inscrit, pour la première fois dans le droit français, la notion de harcèlement sexuel. À l’occasion de leur 40e anniversaire, Mathilde Cornette, juriste au sein de l’association, revient sur ce long combat, loin d’être terminé.

Quel est le combat juridique mené par l’AVFT dont vous êtes les plus fières ?

N’importe quelle jurisprudence représente une pierre dans un grand édifice. Mais il y a quand même un combat judiciaire dont nous sommes particulièrement fières : celui concernant les femmes victimes de violences sexuelles qui dénonçaient leurs agresseurs et qui, ensuite, subissaient des poursuites pour dénonciation calomnieuse, ce que l’on appelle des « procédures bâillons ».

En France,…

40 ans de l’AVFT : Quand dénoncer devient un délit

L’AVFT, pilier de la lutte contre le harcèlement sexuel, fête ses 40 ans, mais les victimes continuent de payer le prix fort.

En 1992, l’AVFT a réussi un coup de maître en inscrivant la notion de harcèlement sexuel dans le droit français. Mais alors que l’association célèbre cet anniversaire, Mathilde Cornette, juriste au sein de l’AVFT, rappelle que le combat est loin d’être terminé. Qui aurait cru que dénoncer un agresseur pourrait mener à des poursuites pour dénonciation calomnieuse ? C’est pourtant le quotidien de nombreuses femmes victimes de violences sexuelles, victimes de ce que l’on appelle des « procédures bâillons ». Un vrai festival de l’absurde, où la victime devient coupable.

Ce qui se passe réellement

Véritable moteur de l’évolution législative, l’AVFT a été à l’origine de la loi de 1992, qui a inscrit pour la première fois dans le droit français la notion de harcèlement sexuel. À l’occasion de leur 40e anniversaire, Mathilde Cornette évoque avec fierté les combats judiciaires menés, notamment celui concernant les femmes qui dénoncent leurs agresseurs, mais se retrouvent ensuite traînées devant les tribunaux pour dénonciation calomnieuse. Un paradoxe qui souligne l’absurdité du système judiciaire face aux violences faites aux femmes.

Pourquoi cela dérange

Ce qui dérange, c’est cette inversion des rôles. Dans un monde où les victimes sont souvent mises en doute, où la parole des femmes est encore trop souvent minimisée, l’AVFT se bat pour que la justice ne soit pas un terrain de chasse pour les agresseurs. Mais que fait la justice ? Elle préfère parfois protéger les agresseurs plutôt que d’écouter les victimes. C’est un peu comme si, dans une course de relais, le témoin passait le bâton à l’agresseur au lieu de soutenir la victime. Un beau symbole de l’inefficacité du système.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont désastreuses. Les femmes qui osent parler se retrouvent souvent isolées, stigmatisées, et parfois même licenciées. En France, la quasi-totalité des victimes perdent encore leur emploi après avoir dénoncé des actes de harcèlement. Une belle manière de dissuader les autres de prendre la parole, n’est-ce pas ?

Lecture satirique

Les discours politiques autour de la lutte contre les violences faites aux femmes sont souvent pleins de promesses. Mais la réalité est tout autre. On nous promet des avancées, des lois protectrices, mais au final, on se retrouve avec des procédures qui protègent davantage les agresseurs que les victimes. C’est un peu comme si l’on promettait un repas gastronomique et qu’on servait des restes. La déconnexion entre les discours et la réalité est frappante.

Effet miroir international

À l’échelle internationale, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec des pays où les droits des femmes sont encore plus bafoués. Aux États-Unis, par exemple, les mouvements ultraconservateurs tentent de revenir sur les droits acquis, tandis qu’en Russie, la répression des voix dissidentes est une réalité quotidienne. Dans ces contextes, la lutte de l’AVFT prend une résonance particulière : elle rappelle que la défense des droits des femmes est un combat universel.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, il est à craindre que la situation des victimes de violences sexuelles ne s’améliore pas. Les discours politiques continueront d’être déconnectés des réalités vécues par les femmes, et les procédures bâillons resteront un outil de répression. Un avenir sombre pour celles qui osent dénoncer.

Sources

Source : www.humanite.fr

40 ans de l’AVFT : « La quasi-totalité des victimes perdent encore leur emploi »
Visuel — Source : www.humanite.fr
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