ZAN : 3 idées reçues avant les débats Parlementaires

Zéro Artificialisation Nette : Trois Idées Reçues à Déconstruire

Le concept de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) suscite de nombreuses controverses avant les débats parlementaires à venir. Pourtant, plusieurs idées reçues circulent autour de cette initiative, qu’il est essentiel de clarifier.

« Le ZAN serait anti-industrie et anti-entreprises »

Faux ❌. L’objectif du ZAN n’est pas de freiner les projets, mais de réorienter les activités les plus consommatrices d’espace vers une approche de sobriété foncière. Les données de l’État révèlent que l’artificialisation des sols est principalement due à l’extension des zones d’habitat, représentant à elle seule 65 % de la consommation d’espaces entre 2009 et 2023. En comparaison, les activités économiques ne comptent que pour 24 % de cette artificialisation. Il est donc possible de préserver une part significative de l’enveloppe foncière pour les projets économiques.

Les besoins fonciers pour les grands projets industriels sont déjà intégrés dans des dispositifs nationaux, tels que l’enveloppe PENE (Projets d’Envergure Nationale ou Européenne). De plus, les collectivités disposent de marges de manœuvre pour accueillir des activités économiques via leurs documents d’urbanisme.

Enfin, plus de la moitié des communes n’ayant pas artificialisé entre 2009 et 2024 ont vu leur population ou leur emploi progresser, prouvant que l’artificialisation n’est pas une condition sine qua non pour le développement économique (source : Institut de la Transition Foncière).

« Le ZAN serait ruralicide »

Faux ❌. Le ZAN n’entrave pas le développement des communes rurales. La loi du 20 juillet 2023 a institué une garantie communale, garantissant à chaque commune un droit minimal d’artificialisation d’au moins un hectare. Cependant, cette garantie ne répond pas toujours à des besoins réels, car la croissance démographique dans de nombreux territoires ruraux est souvent faible, voire négative. Une grande partie des droits à artificialiser reste donc inutilisée.

Le ZAN cherche à optimiser la consommation du foncier, en limitant l’étalement pavillonnaire et le développement de zones d’activités extensives. Cela permet de préserver les espaces agricoles et naturels, essentiels à l’identité des territoires ruraux. De plus, il est encore possible de construire, à condition de compenser par des actions de renaturation, favorisant ainsi un développement durable.

« Le ZAN serait une usine à gaz bureaucratique »

C’est plus compliqué 🟠. L’aménagement du territoire en France est complexe, avec des compétences partagées entre différents niveaux de collectivités. Un objectif national comme le ZAN s’inscrit dans cette complexité, cherchant à améliorer les pratiques d’aménagement.

Les difficultés rencontrées ne sont pas uniquement dues au ZAN, mais également à des blocages structurels anciens, tels qu’une fiscalité foncière souvent en contradiction avec les objectifs de sobriété, un déficit de financements pour accompagner la reconversion urbaine, et un manque d’ingénierie territoriale au sein des collectivités.

La législation peut évoluer pour mieux s’adapter aux réalités locales, mais cela nécessite des marges de manœuvre dans la répartition de l’effort de réduction de l’artificialisation, actuellement limitées par la garantie rurale. Une gouvernance renforcée, avec plus de transparence et un meilleur contrôle démocratique, est également essentielle pour préserver l’intérêt général.

Conclusion

Le ZAN, loin d’être un frein à l’industrialisation ou un obstacle au développement rural, représente une opportunité de repenser l’aménagement du territoire en France. La compréhension des enjeux et des données sous-jacentes est cruciale pour avancer dans les débats parlementaires à venir.

Source : Institut de la Transition Foncière, données de l’État.

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