Crise du logement : Bruxelles promet de « faire beaucoup plus », mais refuse de rompre avec les logiques de marché

Crise du logement : Bruxelles promet de « faire beaucoup plus », mais reste attachée aux logiques de marché

L’Union européenne (UE) semble enfin vouloir faire du logement un sujet politique central, sans toutefois abandonner les logiques de marché. Réunis à Malmö, en Suède, pour le centenaire de l’Union internationale des locataires (IUT), des associations de défense des locataires, des élus locaux et des acteurs du logement ont mis en lumière une crise qui rend l’accès au logement de plus en plus difficile en Europe, touchant même des travailleurs aux revenus stables.

« L’Union européenne reconnaît désormais que nous sommes confrontés à une crise du logement », a déclaré Dan Jørgensen, commissaire européen à l’Énergie et au Logement. « Nous devons faire beaucoup plus que ce que nous faisons aujourd’hui pour y répondre. »

Longtemps négligée par Bruxelles, la question du logement s’impose désormais dans le débat européen. Après l’annonce d’un premier plan pour le logement abordable prévu d’ici la fin de 2025, la Commission européenne envisage d’aller plus loin. Dan Jørgensen a ainsi évoqué une future législation sur le logement abordable, visant à mieux encadrer les locations touristiques de courte durée et à fournir davantage d’outils aux villes confrontées à la spéculation immobilière.

Au cœur des discussions se trouve la financiarisation croissante du logement. « Nous voyons de la spéculation sur le marché immobilier. Nous voyons la financiarisation du logement », a reconnu le commissaire. Cependant, Bruxelles ne semble pas vouloir rompre avec les mécanismes du marché. « Bien sûr, il est positif que l’on puisse gagner de l’argent sur le marché du logement, parce que cela crée de l’activité économique. Mais cela ne peut pas être la seule logique. Si cela ne sert pas aussi l’intérêt de la société, alors les responsables politiques doivent intervenir », a-t-il ajouté.

La future législation européenne, cependant, reste floue dans ses contours. Bruxelles insiste principalement sur une meilleure régulation du marché immobilier et l’encadrement de certains abus, plutôt que sur une politique massive de construction de logements sociaux à l’échelle européenne ou une remise en cause plus profonde de la financiarisation du secteur.

Cette approche suscite des doutes parmi plusieurs organisations de défense des locataires. Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement (CNL), a déclaré : « Pour l’instant, les premiers travaux qu’on a constatés sont plutôt inquiétants. » Selon lui, Bruxelles reste enfermée dans une logique de régulation du marché, sans véritable remise en cause de la financiarisation du logement. « Au lieu de partir sur une notion assez floue de logement abordable, on aurait préféré une impulsion plus claire pour construire du logement social pour tous », a-t-il ajouté, concluant que les propositions de la Commission européenne demeurent limitées.

Source : Humanité

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