“Il est urgent de développer la généalogie génétique pour résoudre les cold cases”

Il est urgent de développer la généalogie génétique pour résoudre les cold cases

La France doit moderniser ses techniques d’investigation criminelle, notamment en adoptant la généalogie génétique, afin de résoudre un nombre croissant de « cold cases ». Actuellement, environ un tiers des homicides demeurent non résolus, laissant de nombreuses familles dans le désespoir.

La généalogie génétique, ou généalogie d’investigation, représente une avancée significative dans la résolution des crimes. Elle permet d’identifier des suspects en comparant des empreintes génétiques non identifiées avec des profils génétiques de personnes apparentées dans des bases de données. Cette méthode peut également aider à identifier des victimes dont l’identité est inconnue ou à prouver des erreurs judiciaires.

Cependant, des inquiétudes subsistent concernant la vie privée et les risques d’eugénisme. Ces préoccupations doivent être équilibrées avec l’impératif d’identifier les auteurs de crimes graves, tout en étant encadrées par une législation appropriée. En effet, la mise en place de règles strictes et de protections adéquates pourrait permettre une utilisation sécurisée de cette technologie.

Des exemples à l’étranger, comme en Suède, montrent que cette méthode peut être encadrée efficacement. Une loi suédoise de 2025 a établi des conditions précises pour son utilisation, se concentrant sur les crimes les plus graves et garantissant que d’autres méthodes d’investigation soient épuisées avant d’y recourir.

En France, deux affaires ont déjà été résolues grâce à la généalogie génétique : celle du « prédateur des bois » en 2022 et celle du « violeur au tournevis » en 2025. Ce type d’investigation pourrait également prévenir que de récents dossiers ne deviennent des cold cases.

Entre 2018 et 2024, aux États-Unis, cette technique a permis d’avancer 1 362 dossiers criminels, contribuant même à éviter des exécutions. Le garde des Sceaux a récemment annoncé un projet de loi visant à permettre aux magistrats d’accéder directement aux bases de données génétiques privées, une avancée qui pourrait renforcer les capacités d’investigation en France.

La création du Fichier national automatisé des Empreintes génétiques (FNAEG) en début des années 2000 avait suscité des critiques similaires, mais son utilité dans les enquêtes est aujourd’hui reconnue. Pour les familles de victimes attendant des réponses, il est crucial de ne pas rester inactif face à des solutions potentiellement efficaces.

Source : Article d’opinion sur la généalogie génétique publié dans Le Nouvel Observateur.

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