
Vous avez vendu de la mort
En décembre 2025, la police municipale de Lille (Nord) révélait l’existence d’un trafic de protoxyde d’azote dans une épicerie de nuit à Roubaix (Nord). La gérante, âgée de 25 ans, comparait ce vendredi 15 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Lille.
Âgée de 25 ans, Sarah M. est apparue vêtue d’un chemisier noir et d’une longue jupe beige devant la 8e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Lille. Elle est accusée de trafic de protoxyde d’azote et de travail dissimulé. En décembre 2025, elle avait été arrêtée après plusieurs mois d’enquête.
En octobre 2025, la police a été alertée par des plaintes de riverains concernant des nuisances autour de l’épicerie « Fresh Market ». Entre le 26 octobre et le 5 décembre, des images de vidéoprotection ont montré un mode opératoire récurrent. La présidente de la chambre correctionnelle a décrit une méthode bien rodée où les clients passaient commande sur les réseaux sociaux via un compte tenu par la gérante, avant de récupérer leur produit sur le parking du magasin.
Les enquêteurs ont découvert un circuit logistique structuré reliant un appartement servant de lieu de stockage à l’épicerie. Entre le 26 octobre et le 5 décembre, 982 cartons de protoxyde d’azote ont été livrés pour revente.
Lors de l’opération de police du 9 décembre 2025, les autorités ont saisi 13 165 euros en espèces, 214 bonbonnes de protoxyde d’azote de 1 litre, 18 bouteilles de 3 litres, deux cartons de 5000 ballons de baudruche et un véhicule utilisé pour la livraison. Un serval a également été trouvé au domicile de la gérante.
Sarah M. a reconnu sa responsabilité, déclarant : « Je faisais confiance à mon comptable. » Les comptes de l’entreprise ont révélé un chiffre d’affaires de 300 000 euros sur dix mois, avec un préjudice de l’URSSAF évalué à 66 732 euros.
La présidente a évoqué des accidents mortels liés à la consommation de protoxyde d’azote, notamment la mort d’un jeune homme de 19 ans à Lille. Elle a insisté : « Vous avez vendu de la mort. »
Le procureur a qualifié le trafic de « très abouti » et a requis une amende de 3 750 euros, ainsi qu’une peine de deux ans de prison ferme, dont un an avec sursis, et une amende de 25 000 euros. Une interdiction de gérer un établissement pendant 10 ans a également été demandée.
La décision du tribunal est attendue pour le 28 mai.
Source : France Télévisions





