Vapotage des jeunes : « Un marché de la nicotine est en train de se créer sous nos yeux », alerte un médecin
Le vapotage n’a jamais été aussi populaire chez les jeunes. C’est le constat de l’Observatoire français des drogues et tendances addictives dans une nouvelle étude, publiée mercredi 29 avril. La proportion de lycéens qui vapotent quotidiennement a plus que doublé en six ans. Les adolescents consomment moins de tabac, mais l’usage des cigarettes électroniques est en forte hausse, comme l’indiquent des témoignages de lycéennes recueillis par franceinfo.
Ces jeunes femmes, qui ont commencé à vapoter dès le début de leur lycée, évoquent une préférence pour les saveurs variées, telles que pastèque, kiwi, ou encore « chupa chups ». L’une d’elles mentionne même que cela remplace parfois le dessert.
La pratique du vapotage est plus répandue chez les filles que chez les garçons, et elle est particulièrement courante dans les lycées professionnels, où les élèves sont souvent issus de milieux populaires. Le prix et l’aspect coloré des produits influencent également les choix des jeunes.
Cependant, cette tendance pose la question de l’addiction. « Je regrette d’être tombée dedans », confie l’une des jeunes. « C’est addictif, c’est une habitude que tu prends », ajoute une autre. Ce phénomène soulève des inquiétudes quant au marketing ciblé sur les jeunes, de plus en plus présent en ligne.
Loïc Josseran, président de l’association Contre feu et professeur de santé publique, souligne que « le vapotage est un vrai sujet de santé publique aujourd’hui ». Il rappelle qu’il y a quelques années, le tabagisme était la préoccupation principale, mais les efforts pour lutter contre le tabac ont porté leurs fruits. Les industriels, ayant compris cette dynamique, s’orientent désormais vers un marché de la nicotine, en ciblant les jeunes.
Il insiste sur le fait que la cigarette électronique, bien qu’elle puisse servir de moyen de sevrage, est également un produit conçu pour séduire les jeunes par son packaging et ses saveurs attrayantes. Josseran appelle à une mobilisation politique pour encadrer plus strictement cette industrie, en suggérant des emballages neutres pour éviter de transformer les rayons de vape en « Disneyland ».
Enfin, il met en lumière l’impact environnemental de l’industrie du tabac, soulignant qu’elle contribue au changement climatique par la déforestation et les émissions de CO2, équivalentes à celles d’un pays comme le Pérou.
Source : franceinfo






