Dans la Creuse, une usine pour réduire la dépendance énergétique de la France

Dans la Creuse, une usine pour réduire la dépendance énergétique de la France

Le site de production de granulés de bois, porté par Biosyl à Guéret, est entré en chantier. Majoritairement importé de l’étranger, ce combustible renouvelable doit permettre de décarboner le chauffage domestique. En local, le projet est toujours vivement contesté.

C’est un projet énergétique qui n’a pas attendu la guerre en Iran et la flambée des prix des hydrocarbures pour se faire jour. À Guéret, l’industriel Biosyl a lancé début mars les opérations de sa future usine de pellets de bois, destinés à alimenter les chaudières et poêles à granulés. Les premiers déboisements et terrassements ont eu lieu sur un ensemble d’une dizaine d’hectares cédé par l’agglomération. Les bâtiments seront édifiés à partir de cet été, pour une livraison prévue dans dix-huit mois.

Porté depuis 2023, le complexe industriel envisage de produire 80 000 tonnes de granulés par an grâce aux chutes de bois issues des coupes forestières. Une façon d’implanter sur le territoire national une production qui est aujourd’hui largement réalisée à l’étranger. On estime ainsi les importations à près de 500 000 tonnes annuelles, en provenance en partie des pays d’Europe de l’Est.

Pour le porteur de projet, qui compte déjà deux installations du genre en Haute-Loire et dans la Nièvre, l’usine creusoise revêt un enjeu de souveraineté. « Dans le contexte de tension énergétique actuelle, le projet prend pleinement son sens. Le granulé est un combustible très faiblement carboné, six fois moins que le fioul. Il est deux fois moins cher que l’électricité et non soumis à des variations liées au contexte géopolitique. C’est une énergie locale et renouvelable », argumente Antoine de Cockborne, président fondateur de Biosyl, affirmant que le prix du pellet revient à 8 centimes d’euro le kilowattheure.

L’arrivée du nouvel acheteur de bois suscite également l’intérêt des forestiers, qui vont bénéficier d’un nouveau débouché. « Les forestiers produisent du bois d’œuvre pour les scieries mais ils cherchent aussi à trouver des débouchés pour les bois d’éclaircie qui sont considérés comme des sous-produits. C’est cette matière première que nous valorisons », précise l’industriel.

Source : La Tribune

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