
Sans solution pour son fils autiste de 14 ans, cette mère de famille attaque l’État en justice
Voilà trois ans qu’Ewan, 14 ans, attend une place en IME (Institut médico-éducatif). Autiste, épileptique et atteint d’une maladie orpheline rare, il se retrouve aujourd’hui à la maison et sa mère n’a aucune autre solution que celle de rester avec lui.
Laëtitia Loheac a décidé de porter plainte contre l’État après avoir épuisé toutes les voies de recours. Elle a adressé des dizaines de courriers recommandés à la ministre de la Santé, à la ministre chargée de l’autonomie et du handicap, ainsi qu’à Emmanuel et Brigitte Macron, sans obtenir de réponse satisfaisante. Elle déclare : « Ce n’est pas normal que je me retrouve sans solution avec mon fils H24 et que je doive payer des éducateurs spécialisés et des intervenants à la maison parce qu’il ne peut plus être scolarisé. » Avec son avocate, elle compte déposer une requête au tribunal administratif et engager la responsabilité de l’État en faisant un recours indemnitaire pour préjudice moral et financier.
Ewan, comme 400 autres enfants de Loire-Atlantique, attend une place en IME. Scolarisé dans des classes Ulis, il a dû quitter le système scolaire en raison d’un manque d’accompagnement. Après avoir été inscrit dans un établissement hors contrat à Saint-Nazaire, il a dû à nouveau quitter cette école en mars 2026.
Pour l’occuper, sa mère a mis en place un emploi du temps chargé, incluant un éducateur sportif, une enseignante spécialisée et une éducatrice pour des tâches d’autonomie. Cette prise en charge coûte entre 1 000 et 1 400 euros par mois, un montant financé en partie par l’aide financière de ses parents et la prestation de compensation de handicap (PCH). Laëtitia fait face à des fins de mois difficiles, et c’est Ewan qui a suggéré à sa mère de faire un recours contre l’État.
À 14 ans, Ewan est un adolescent curieux avec de nombreux projets. Sa mère souhaite qu’il puisse s’émanciper comme tout autre enfant de la République, tout en exprimant son désir de reprendre une activité professionnelle. Ancienne coiffeuse, Laëtitia a dû interrompre son travail pour s’occuper de son fils, et elle refuse qu’il soit placé en pédopsychiatrie.
Les instituts médico-éducatifs sont en saturation, avec des listes d’attente en augmentation. Laëtitia a fondé un collectif avec d’autres mères confrontées à des problèmes similaires, espérant se faire entendre lors de la conférence nationale du Handicap prévue en juin prochain. Elle souhaite interpeller Emmanuel Macron sur la situation de son fils, affirmant qu’Ewan est un citoyen de la République et mérite d’être entendu.
Laëtitia est consciente que la route pour faire reconnaître son préjudice sera longue, mais elle est déterminée à aller jusqu’au bout.
Source : France Télévisions




