« Une attaque contre l’écologie » : l’agence chargée de la transition en sursis

Une attaque contre l’écologie : l’agence chargée de la transition en sursis

6 mai 2026 à 15h41
Mis à jour le 7 mai 2026 à 09h16
Durée de lecture : 4 minutes

Peut-on encore sauver le soldat Ademe ? L’agence, bras armé de la transition écologique en France, fait face à une nouvelle menace, cette fois sous la forme d’un projet de loi examiné le 7 mai par le Conseil d’État. Ce texte, présenté par le gouvernement, vise à modifier le fonctionnement des antennes locales de l’Ademe.

Selon l’article 7 du projet de loi, ces antennes seraient rattachées aux directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) et placées sous l’autorité des préfets.

« Un dispositif qui détruit l’Ademe sans le dire »

Véronique Caraco-Giordano, secrétaire générale du syndicat SNE-FSU, critique cette initiative en la qualifiant de « démantèlement qui ne dit pas son nom ». Actuellement, l’Ademe utilise son réseau régional pour soutenir un grand nombre de projets écologiques, comme les réseaux de chaleur et la lutte contre le gaspillage alimentaire. En 2025, elle a mobilisé 2,8 milliards d’euros de subventions pour les collectivités et les entreprises.

Sylvain Waserman, président de l’Ademe, a souligné que cette organisation permet d’agir concrètement pour accompagner les élus et les chefs d’entreprise dans la transition écologique.

Avec le projet de loi, les salariés de l’Ademe seraient soumis au pouvoir hiérarchique des préfets, ce qui pourrait orienter leurs missions non pas vers l’urgence écologique, mais vers les priorités du ministère de l’Intérieur. Le texte prévoit également la possibilité d’une « mise à disposition d’office » des personnels, pouvant concerner un tiers des effectifs, ce qui représente une mutation imposée sans consentement.

Accusations mensongères

Ce projet de loi émerge dans un contexte de dénigrement de l’Ademe, alimenté par des membres du Rassemblement national et des Républicains, qui appellent régulièrement à sa suppression. Des accusations mensongères ont circulé, comme celles d’un avocat affirmant que les employés de l’Ademe ne travailleraient que deux heures par semaine.

Gabrielle Piot, formatrice écolo, a déclaré que cette offensive contre l’Ademe s’inscrit dans une attaque plus globale contre l’écologie. Elle a lancé une mobilisation citoyenne pour « sauver l’agence », soutenue par plus de 350 personnalités dans une tribune.

Le projet de loi doit être présenté le 20 mai en Conseil des ministres, puis débattu par les parlementaires, marquant le début d’une nouvelle bataille pour préserver les acquis écologiques.

Source : Reporterre

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