
Carburant vert : en Bretagne, un démonstrateur va liquéfier du biogaz produit à la ferme
Défendant une méthanisation vertueuse et rentable pour les agriculteurs, la deeptech Sublime Energie lancera en juin, en Côtes d’Armor, l’activité du premier système de liquéfaction de biogaz directement installé sur une exploitation agricole.
La crise énergétique, provoquée par le blocage du détroit d’Ormuz, et l’annonce par l’exécutif de la mise en place d’aides ciblées pour certaines filières, plaide, à nouveau, en faveur d’une plus grande décarbonation des transports. Elle met aussi en exergue la dépendance de la France aux énergies fossiles et aux hydrocarbures. Dans ce contexte, la démarche de Sublime Energie pour valoriser les biodéchets agricoles et développer le premier réseau de collecte de biogaz brut et de carburant alternatif au diesel suscite de nombreux intérêts.
Après une levée de fonds de 11,5 millions d’euros fin 2023 visant à installer, à Plélo en Côtes d’Armor, un démonstrateur industriel près du site Gazéa, une exploitation de 90 hectares d’élevage porcin, l’entreprise lancera en juin l’activité de son système. Répondant au surnom de « Charlie », il produira et commercialisera du bioGNL et du bioCO2 suite à la liquéfaction et à l’épuration du biogaz produit sur place. Cette technologie est qualifiée de « première mondiale dans le domaine des gaz renouvelables ».
180 tonnes de carburant bas carbone
« Ce démonstrateur industriel va traiter le biogaz directement à la ferme, sans dépendre des réseaux gaziers. À partir de la valorisation des déchets organiques issus de l’agriculture, le lisier notamment, le site devrait générer 180 tonnes de carburant bas carbone pour la mobilité lourde (tracteurs, poids lourds logistiques) et 350 tonnes de CO2 biogénique destiné à l’industrie par an », a décrit Bruno Adhémar, président et fondateur de Sublime Energie, lors de l’inauguration de Charlie.
« Notre technologie ouvre une nouvelle voie pour la petite méthanisation à la ferme. Voire une voie de sortie pour les méthaniseurs en cogénération (réseaux de chaleur, électricité) dont la conversion vers l’injection (biométhane injecté dans les réseaux de gaz naturel de GRDF) est facilitée par l’arrêté ministériel de septembre 2025 », a également souligné cet ancien cadre du nucléaire.
Source : La Tribune





