
La dimension géopolitique des migrations selon la NSS2025 de Donald Trump
La Stratégie de Sécurité Nationale des États-Unis d’Amérique, publiée en novembre 2025, met en lumière la question des migrations, un thème récurrent dans le discours de Donald Trump. Dans ce document, le terme « migration » est mentionné à plusieurs reprises, occupant une place centrale dans les réflexions sur la politique américaine et son impact sur l’Europe.
Dans la section « Que doivent vouloir les États-Unis ? », Trump affirme vouloir « un contrôle total sur nos frontières, sur notre système d’immigration », et souligne comme priorité la « fin de l’ère des migrations de masse ». Cette volonté de contrôle est liée à des préoccupations de souveraineté, notamment le risque de « manipulation cynique de notre système d’immigration » pour créer des blocs électoraux favorables à des intérêts étrangers.
Cependant, cette problématique est moins prononcée aux États-Unis qu’en Europe, où certaines diasporas peuvent influencer le vote en raison de liens étroits avec leur pays d’origine. Par exemple, les Américains d’origine hispanique tendent à voter majoritairement pour les démocrates, mais cela ne semble pas être directement influencé par leur pays d’origine. En revanche, les Cubains en diaspora votent souvent pour les républicains, ce qui a eu un impact sur des élections clés, comme celle de 2000.
Dans certains pays européens, l’influence des pays d’origine est plus marquée. François Fillon a récemment évoqué des ingérences électorales de pays comme la Turquie ou l’Algérie, qui auraient des consignes de vote pour leurs diasporas. Cela a été corroboré par des analyses électorales montrant que ces influences ont contribué à la victoire de certains candidats en France et en Allemagne.
La NSS2025 aborde également les causes des migrations, en insistant sur la nécessité de maintenir la stabilité et une bonne gouvernance dans l’hémisphère occidental pour éviter des flux migratoires massifs vers les États-Unis. Contrairement à l’idée reçue que les raisons économiques sont les principales motivations de l’émigration, le document souligne que les conditions géopolitiques internes, telles que les conflits ou les régimes répressifs, jouent un rôle déterminant. Par exemple, le régime chaviste du Venezuela a entraîné l’émigration de huit millions de personnes, tandis qu’un quart de la population cubaine a fui son pays.
Ainsi, la NSS2025 de Trump illustre que la question migratoire n’est pas seulement une préoccupation interne, mais également une problématique géopolitique, nécessitant une approche globale pour en comprendre les enjeux.
Source : Gérard-François Dumont, professeur émérite à Sorbonne Université, Président de la revue Population & Avenir.






