
Centre de rétention administrative de Lyon (69), 4 mai 2026 – Djelloul Djahafi, 25 ans, a été retrouvé pendu dans sa cellule au centre de rétention administrative (CRA) de Lyon, après une tentative de suicide le 12 avril. Ses camarades de détention ont décrit Djelloul comme un homme « discret et gentil », partageant des rêves de retrouver sa famille à Grenoble.
Ce lundi de mai, le CRA de Lyon abrite 114 sans-papiers, placés sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). Les conditions de vie y sont jugées difficiles, marquées par un accès limité à l’hygiène et la peur d’un départ forcé. Le bruit constant des avions de l’aéroport Saint-Exupéry voisin rend l’atmosphère encore plus oppressante. Salah, un autre détenu, a témoigné que Djelloul avait tenté de se pendre avec ses draps, une situation que plusieurs retenus ont confirmée.
Après sa première tentative, Djelloul a été placé en isolement. Malgré la surveillance, il a réussi à réitérer son geste, ce qui a conduit à sa découverte inanimée par un policier. Transporté à l’hôpital, il a été déclaré en état de mort cérébrale le 16 avril. La coordinatrice de l’association Forum réfugiés, Nawel Zaïr, a questionné les raisons pour lesquelles Djelloul avait encore accès à ses draps et pourquoi il n’a pas été transféré dans une structure spécialisée.
Djelloul était bien connu des équipes de Forum réfugiés, ayant déjà été retenu à deux reprises depuis 2024. Sa dernière interpellation, le 10 avril 2026, pour rébellion, avait entraîné son placement immédiat au CRA. L’éloignement des ressortissants algériens est compliqué par la nécessité d’un laissez-passer consulaire rarement délivré par les autorités d’Alger.
Le décès de Djelloul est le premier dans un CRA depuis 2024, alors que les conditions de rétention continuent d’être critiquées. Au CRA de Lyon, les retenus sont confinés près de 22 heures par jour, avec un accès limité à des activités et au soutien psychologique. La situation a provoqué une série de tentatives de suicide parmi les détenus, ce qui soulève des inquiétudes quant à la gestion et aux conditions de vie dans ces centres.
Source : Rue89 Lyon.






