
Cancer du poumon : un test sanguin pour améliorer le dépistage
Dans une étude publiée le 18 mai dans le Journal of the American Medical Association, des chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) démontrent qu’une simple prise de sang pourrait améliorer la détection de certains cancers du poumon.
Actuellement, le dépistage du cancer du poumon repose principalement sur la tomodensitométrie à faible dose, une méthode d’imagerie qui permet une détection précoce, réduisant ainsi la mortalité chez les personnes les plus à risque, notamment celles ayant des antécédents de tabagisme ou souffrant de maladies pulmonaires obstructives chroniques. Cependant, le CIRC souligne que « de nombreux cancers du poumon surviennent chez des personnes ayant des antécédents de tabagisme qui ne sont pas éligibles au dépistage, ce qui limite l’impact du dépistage ».
En collaboration avec The Lung Cancer Cohort Consortium (LC3), un consortium de 25 cohortes internationales, le CIRC a exploré l’utilisation de biomarqueurs présents dans le sang pour mieux cibler les populations à risque.
Le test sanguin, un outil complémentaire
Les scientifiques ont développé un modèle nommé INTEGRAL-Risk, qui combine des données classiques telles que l’âge et les antécédents tabagiques avec l’analyse de 13 protéines détectées dans le sang, associées à un risque accru de cancer du poumon. En suivant près de 3 700 participants ayant des antécédents tabagiques, les chercheurs ont comparé ce modèle à des méthodes existantes pour déterminer l’éligibilité au dépistage par tomodensitométrie.
Les résultats montrent que le modèle INTEGRAL-Risk a permis d’identifier 85 % des cancers du poumon survenant dans l’année suivante, contre environ 70 % pour les outils basés sur des questionnaires. Les chercheurs précisent que ce test sanguin n’est pas destiné à remplacer le scanner, mais à affiner son utilisation. En identifiant plus précisément les personnes à haut risque, ce modèle pourrait permettre de détecter un plus grand nombre de cancers. « Les résultats fournissent des preuves solides que les biomarqueurs sanguins pourraient jouer un rôle important dans la prochaine génération de stratégies de dépistage du cancer du poumon », conclut le CIRC.
Source : Journal of the American Medical Association.





