
La traversée de l’Atlantique par Thor Heyerdahl : Expéditions Ra I et Ra II
Dans les années 1970, l’explorateur norvégien Thor Heyerdahl (1914-2002) a choisi le Maroc comme point de départ pour deux expéditions visant à traverser l’Atlantique à bord de bateaux en papyrus. Si la première tentative, Ra I, échoue, la seconde, Ra II, sera couronnée de succès.
En 1969, Heyerdahl fait construire le premier bateau, Ra, pour prouver sa théorie selon laquelle des civilisations des deux rives de l’Atlantique auraient pu entrer en contact grâce à des embarcations. Ce bateau est fabriqué près de la pyramide de Khéops en Égypte et transporté à Safi, au Maroc, où il est mis à l’eau. L’équipage de Ra I, composé de sept membres de nationalités diverses, part de Safi le 25 mai 1969. Bien qu’il parcourt 5 000 kilomètres en huit semaines, l’expédition est abandonnée en raison de l’infiltration d’eau dans le papyrus, menaçant la sécurité de l’équipage.
Dix mois plus tard, Heyerdahl relance son projet avec Ra II, un bateau plus court mais plus robuste, construit avec l’aide d’Indiens. Le même équipage, renforcé par le Japonais Kei Ohara, se prépare à partir à nouveau de Safi.
Après six semaines de construction, Ra II est prêt. Le départ a lieu le 17 mai 1970, avec une forte mobilisation de la population locale. L’équipage, désormais renforcé par le Marocain Madani Ait Ouhanni, s’embarque avec un singe et une oie. Ra II parcourt environ 6 100 kilomètres en 57 jours, atteignant la Barbade le 12 juillet 1970.
Cette expédition a non seulement permis de prouver la possibilité de contacts précolombiens entre les civilisations, mais a aussi mis en lumière la pollution des océans. L’équipage a observé des résidus de pétrole pendant 43 des 57 jours de la traversée, attirant l’attention de l’ONU sur l’état des mers.
Après cette aventure, Heyerdahl a publié un livre sur ses expéditions et a été reconnu pour ses contributions à la sensibilisation environnementale. Un mémorial en son honneur se trouve à Safi, tandis que Ra II est exposé au Musée Kon-Tiki d’Oslo.
Source : Musée Kon-Tiki d’Oslo.





