En Iran, « les femmes ont été les premières victimes du système islamique » : le témoignage d’un spécialiste invité en Dordogne

En Iran, « les femmes ont été les premières victimes du système islamique »

Pays de paradoxes

Bernard Hourcade, spécialiste de l’Iran et directeur de recherche honoraire au CNRS, a été invité à un festival en Dordogne pour discuter de la situation actuelle en Iran. Auteur de plusieurs études et de l’ouvrage Iran, paradoxes d’une nation (2021), il prône une analyse critique et nuancée de la réalité iranienne. Selon lui, il est essentiel de comprendre la dynamique du pays au-delà des simples antagonismes entre les mollahs et les opposants.

Hourcade souligne que bombarder l’Iran ne ferait qu’accentuer la dictature, même si le régime islamique est affaibli. « La question est de savoir comment on s’en sort », déclare-t-il.

Bernard Hourcade

Dégâts colossaux

Hourcade affirme que « l’Iran est une société qui subit la guerre », ce qui bloque toute contestation politique. L’économie iranienne est gravement touchée, avec des infrastructures essentielles comme des centrales électriques et des raffineries de pétrole bombardées. À Téhéran, 8 000 maisons ont été détruites, et la flotte aérienne ne compte plus que 40 avions. Pour de nombreux Iraniens, le danger principal ne provient pas de la République islamique, mais des bombardements israéliens et américains.

La répression des femmes a également été renforcée. « Depuis 1979, elles ont été les premières victimes du système islamique », note Hourcade. L’obligation de porter un vêtement n’est qu’un aspect visible de leur marginalisation dans la vie sociale.

« Plus d’ingénieurs que la France »

Hourcade évoque également le paradoxe de la situation économique : malgré une instruction qui a considérablement progressé, avec plus d’ingénieurs produits que la France, le pays fait face à un chômage élevé et à une inflation galopante. Les prix des denrées alimentaires ont doublé depuis le début de la guerre, rendant la viande inabordable pour beaucoup.

L’enseignement supérieur en Iran est en plein essor, avec plus de 4 millions d’étudiants dans 430 établissements universitaires. L’alphabétisation des filles a bondi de 4,3 % en 1966 à 72,8 % en 2016, atteignant 88 % dans les zones urbaines. Les Iraniennes sont parmi les femmes les plus éduquées et actives du monde musulman.

Source : Bernard Hourcade, expert en géographie et en sociologie de l’Iran.

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