
TotalEnergies menace de lever son plafonnement des prix en cas de taxe sur les superprofits
TotalEnergies a déclaré qu’il ne pourra pas maintenir son plafonnement sur le prix des carburants dans ses stations-service si une taxe sur les profits exceptionnels, générés par la guerre au Moyen-Orient, est instaurée. Dans une interview accordée à la presse régionale, son PDG, Patrick Pouyanné, a précisé : « En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement dans nos stations en France. »
Cette déclaration intervient alors que les bénéfices exceptionnels de l’entreprise, atteignant 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros) au premier trimestre, ont relancé le débat politique sur l’opportunité d’une taxe spécifique. Des propositions de loi ont été avancées par des partis de gauche, alors que le gouvernement semble préférer laisser TotalEnergies gérer ces profits à sa manière. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a encouragé la société à adopter « un plafonnement généreux des prix à la pompe » pour redistribuer les bénéfices supplémentaires.
Concernant l’approvisionnement en carburant, Pouyanné a affirmé qu’il n’y aurait pas de pénurie en France, mais que les coûts d’acheminement pourraient augmenter. « Nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l’Asie vers la France, donc en payant plus cher », a-t-il averti.
En outre, si la crise devait se prolonger, TotalEnergies pourrait être éligible en 2026 à la surtaxe sur les multinationales, instaurée en 2025, en raison des marges exceptionnelles de son activité de raffinage. Cette surtaxe s’applique aux entreprises ayant un chiffre d’affaires d’au moins 1,5 milliard d’euros.
Pour l’heure, le PDG a précisé qu’il n’a jamais évoqué une pénurie en France, affirmant que l’approvisionnement serait assuré malgré les circonstances difficiles.
Source : La Croix





