Suicide d’un détenu à la prison de Béthune : sa famille porte plainte pour conditions indignes
Le 11 avril 2026, un détenu de 31 ans a été retrouvé mort par suicide à la maison d’arrêt de Béthune, dans le Pas-de-Calais. Sa famille a déposé une plainte dénonçant des « conditions de détention indignes » et des « manquements graves à la sécurité » au sein de l’établissement.
Le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, a précisé que le détenu était incarcéré pour une tentative de meurtre et qu’il se trouvait dans une cellule présentant de « graves dysfonctionnements sanitaires », rendant les conditions d’hygiène « inacceptables ». La famille a également souligné que la cellule était « sur-occupée » et qu’il y avait un défaut de surveillance.
Une victime collatérale de la surpopulation carcérale
Selon Me Charly Salkazanov, avocat de la famille, « plusieurs choses interrogent » dans cette affaire. Il a déclaré que les conditions de détention avaient un impact sur l’état physique et mental du détenu, le qualifiant de « victime collatérale de la surpopulation carcérale ». Il a également mentionné que les faits se seraient déroulés au quartier disciplinaire, où les conditions de détention sont particulièrement difficiles.
M. Thieffry a confirmé que le détenu était seul dans sa cellule au moment de sa mort. L’autopsie n’a pas révélé l’intervention d’un tiers, et une enquête a été ouverte pour déterminer les causes du décès.
La maison d’arrêt vétuste selon l’Observatoire international des prisons
Cette situation survient alors que le tribunal administratif de Lille a récemment ordonné à l’État d’effectuer des travaux d’urgence dans cette maison d’arrêt, qui souffre d’une surpopulation carcérale alarmante. L’Observatoire international des prisons (OIP) a soulevé des préoccupations concernant les conditions de vie des détenus, notamment le manque de séparation entre les sanitaires et le reste des cellules, ainsi que l’existence de moisissures sur les murs et plafonds. La prison de Béthune, qui a une capacité d’accueil théorique de 177 places, affiche régulièrement un taux d’occupation dépassant les 200%.
Cette affaire soulève des questions cruciales sur les conditions de détention en France et met en lumière les défis liés à la surpopulation carcérale.
Source : AFP





