
Deux mois en orbite et un retour à la maison : le secret du Space Rider pour offrir à l’Europe son premier labo récupérable
L’Agence spatiale européenne (ESA) est sur le point de transformer l’accès à l’espace avec son nouveau véhicule, le « Space Rider », dont le vol inaugural est prévu d’ici la fin de la décennie. Avant de pouvoir opérer en orbite, cet engin innovant doit démontrer sa capacité à maîtriser le retour sur Terre. En révisant la chronologie d’une mission, de son séjour en orbite à son atterrissage, l’Europe établit les bases d’une recherche spatiale plus flexible et entièrement réutilisable.
Le Space Rider est conçu comme une véritable plateforme scientifique autonome, capable de rester jusqu’à soixante jours en orbite terrestre basse sans équipage. Son but est de permettre aux scientifiques de réaliser des expériences en microgravité et de tester de nouveaux matériaux dans les conditions extrêmes de l’espace. Une avancée majeure réside dans sa capacité à ramener l’intégralité de sa cargaison sur Terre, permettant ainsi aux chercheurs de récupérer et d’analyser physiquement les résultats de leurs travaux, favorisant ainsi une science spatiale en circuit court.
Pour garantir la réutilisabilité du Space Rider, il doit d’abord survivre à la rentrée atmosphérique, un moment critique où la friction de l’air génère des températures extrêmes. Le vaisseau est équipé d’un bouclier thermique composé de 21 tuiles en « ISiComp », une céramique développée par des centres de recherche italiens. Des tests dans la plus grande soufflerie à plasma du monde ont démontré la résistance de ce bouclier à des températures supérieures à 1 600 °C, même après avoir simulé des impacts de micrométéorites.
Enfin, l’atterrissage du Space Rider se distingue des capsules traditionnelles, souvent récupérées dans l’océan. Grâce à sa géométrie aérodynamique, il est conçu pour se poser sur une piste classique. Pour ralentir sa descente, il déploiera une voile de parapente orientable, avec un système de contrôle électronique qui ajustera sa trajectoire en temps réel. Ce processus sera bientôt testé au-dessus de la Sardaigne, où une maquette grandeur nature sera larguée pour valider cette technologie.
Ce projet représente une avancée significative pour l’Europe dans le domaine de la recherche spatiale, favorisant un accès plus durable et efficace à l’espace.
Source : ESA





