Aide à mourir : « Un nouveau rejet du texte par le Sénat serait justifié »

Aide à mourir : Un nouveau rejet du texte par le Sénat serait justifié

Le Sénat va se prononcer en deuxième lecture sur la proposition de loi « relative au droit à l’aide à mourir », adoptée par l’Assemblée nationale en février dernier. Ce texte aborde des questions sensibles telles que le suicide assisté et l’euthanasie, sans en assumer explicitement l’objet.

La Haute Assemblée pourrait rejeter à nouveau ce texte, désapprouvé par de nombreux professionnels de santé en contact direct avec les patients en fin de vie. Une étude récente de la Fondapol indique qu’une majorité de citoyens de tous âges et de toutes tendances exprime des objections à ce projet.

Champ d’application très large

Le champ d’application de la loi est étendu, incluant les patients en « phase avancée » d’une maladie grave et incurable, sans se limiter aux cas « terminaux ». Ce texte permettrait à des patients dont la souffrance n’est pas « constante » de demander l’aide à mourir, même s’ils ont refusé des traitements.

De plus, la capacité des patients à exprimer leur volonté n’a pas besoin d’être pleine et entière. Le texte s’applique également aux majeurs protégés et n’exclut pas les personnes atteintes de pathologies affectant leurs capacités intellectuelles, à condition que leur discernement ne soit pas « gravement altéré ».

Une clause de conscience limitée

La clause de conscience, qui protège les médecins et infirmiers, ne s’applique pas aux pharmaciens qui fourniront la substance létale. Les chefs de service, même dans des unités de soins palliatifs, ne peuvent pas invoquer cette clause, ce qui soulève des préoccupations éthiques.

Un tournant anthropologique radical

Le principe de l’aide au suicide et de l’euthanasie soulève des questions fondamentales. En remettant en cause l’interdit de tuer, le texte pourrait éroder les liens sociaux et familiaux. La banalisation de la mort administrée, dans un contexte budgétaire difficile pour les soins palliatifs, risque de compromettre les efforts pour améliorer l’accompagnement de la fin de vie.

Un engrenage inexorable

La reconnaissance légale de l’aide à mourir pourrait entraîner une extension des critères d’éligibilité, incluant potentiellement des mineurs et des patients souffrant de douleurs psychologiques. Cela pourrait également créer un consensus européen qui obligerait les États membres à reconnaître un droit subjectif au suicide assisté.

Conclusion

Un veto du Sénat à cette proposition de loi serait donc justifié, même si le Premier ministre pourrait tenter de trouver un compromis avec l’Assemblée nationale. Cependant, les implications éthiques et sociétales de ce texte demeurent préoccupantes.

Source : La Croix

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