
Fin de vie : le Sénat rejette à nouveau la réforme de l’aide à mourir
Le Sénat a de nouveau montré ses divisions sur la réforme de la fin de vie, en rejetant lundi soir un article central du texte qui proposait la création d’un droit à l’aide à mourir. L’article 2 de la proposition de loi du député Olivier Falorni, qui définissait les contours de la future procédure d’aide à mourir, a été écarté lors du premier jour de l’examen de cette réforme.
La suite de cette deuxième lecture, avec près de 600 amendements à examiner jusqu’à mercredi, s’annonce décousue, le texte semblant désormais dépourvu d’ossature. En conséquence, le gouvernement, qui espère une adoption définitive avant la suspension estivale des travaux, pourrait donner le dernier mot à l’Assemblée nationale pour faire aboutir cette réforme sociétale majeure, soutenue par Emmanuel Macron.
La réflexion autour de la fin de vie a émergé il y a plus de trois ans, suite à une convention citoyenne demandée par le président de la République. Les députés ont voté à deux reprises en faveur d’un droit encadré à l’aide à mourir pour certains malades atteints d’une affection grave et incurable, avec une majorité confortable.
Au Sénat, les divergences de vues se révèlent insurmontables. L’article 2, considéré comme la « clé de voûte » de la réforme, a été repoussé (118 voix pour, 151 voix contre), par l’addition des votes des socialistes, qui ont critiqué un durcissement du texte, et d’une partie de la droite, opposée à toute forme d’aide à mourir. La majorité des communistes ont voté pour et les écologistes se sont abstenus.
Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a de nouveau mobilisé ses troupes, qualifiant le texte de « très permissif » et exprimant des craintes quant à ses implications. De son côté, le président du groupe socialiste, Patrick Kanner, a justifié le vote défavorable de ses troupes en raison du détricotage progressif du texte initial.
Une nouvelle rédaction proposée par les rapporteurs LR visait à établir une « alternative » pour la commission mixte paritaire, mais le gouvernement a également exprimé son opposition à cette démarche. Par ailleurs, le sénateur LR Francis Szpiner a affirmé avoir réuni plus de 195 signatures pour lancer une procédure de référendum d’initiative partagée, bien que ce processus n’ait jamais abouti depuis sa création en 2008.
Un autre texte, visant à renforcer les soins palliatifs, a été approuvé sans modification, permettant son adoption définitive au Parlement.
Source : Le Parisien.






