Santé mentale : les « centres experts », ligne de fracture entre psychiatres

Santé mentale : les « centres experts », ligne de fracture entre psychiatres

Le débat autour des « centres experts » s’intensifie parmi les psychiatres, divisant une communauté généralement vocale. Le collectif Printemps de la psychiatrie a annoncé une journée de conférences à Paris le 28 mars, visant à relancer la discussion et à « alerter l’opinion » sur cette question cruciale. Le thème de l’événement sera : « Expertiser n’est pas soigner. Quelle(s) psychiatrie(s) pour demain ? »

Ces centres, au nombre de 54, sont spécialisés dans le diagnostic et la recherche en santé mentale, sous l’égide de FondaMental, une fondation créée en 2007. Ils se concentrent sur quatre pathologies majeures : la bipolarité, la schizophrénie, la dépression résistante et les troubles du spectre de l’autisme sans déficience intellectuelle. En vingt ans, environ 20 000 patients, orientés par des médecins généralistes ou psychiatres, ont bénéficié d’évaluations via des bilans « pluridisciplinaires spécialisés, exhaustifs et standardisés ».

Les partisans de ces centres défendent une approche de « psychiatrie de précision », s’appuyant sur des centres hospitaliers universitaires (CHU). À l’inverse, leurs détracteurs soulignent un décalage avec les soins de terrain, qualifiant ces centres d’échelon « déconnecté ». Ce débat a pris une dimension politique avec l’adoption, en première lecture au Sénat le 16 décembre 2025, d’une proposition de loi visant à intégrer ces centres dans le code de santé publique. Cette initiative, portée par le sénateur Alain Milon, a exacerbé les tensions, bien qu’elle ne figure pas encore à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

Plusieurs organisations du secteur, telles que le Syndicat des psychiatres des hôpitaux et l’Association nationale des psychiatres, émettent des réserves concernant ce texte. Celui-ci permettrait aux centres experts de sortir de leur statut expérimental pour établir un « troisième » niveau de recours en psychiatrie, en complément des médecins généralistes et des centres médico-psychologiques.

Cette situation met en lumière des enjeux importants pour l’avenir de la psychiatrie en France, tout en soulevant des questions sur l’accessibilité et la qualité des soins.

Source : Le Monde

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