RSF urges Niger to ditch'abusive' French media ban

Niger suspend les médias français : RSF appelle à annuler cette décision abusive

Reporters Sans Frontières (RSF) a vivement condamné la décision soudaine du Niger de suspendre la plupart des grands médias français. La junte militaire au pouvoir a accusé ces médias, issus de l’ancienne puissance coloniale, de mettre en danger l’unité nationale et l’ordre public, sans fournir d’exemples ou de preuves.

Cette interdiction, annoncée vendredi, touche neuf des principales organisations médiatiques françaises : AFP, France 24, Radio France Internationale (RFI), France Afrique Media, LSI Africa, TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique et Mediapart. Un communiqué diffusé à la télévision d’État a affirmé que ces médias diffusaient des contenus susceptibles de gravement compromettre l’ordre public, la cohésion sociale et la stabilité des institutions.

Aucune durée pour cette suspension n’a été précisée, et aucun exemple de contenu jugé inacceptable n’a été fourni. Toutefois, les autorités ont déclaré que les reportages de ces médias pourraient nuire au moral des troupes.

La suspension de RFI et France 24 a eu lieu quelques jours après le coup d’État de 2023 qui a installé un gouvernement militaire, marquant un tournant vers une rupture des liens avec la France et un rapprochement avec la Russie. Plus tôt dans la semaine, le Burkina Faso, également membre de l’Alliance des États du Sahel (AES), avait suspendu TV5 Monde.

RSF a déclaré que cette suspension reposait sur des accusations « fabriquées » et faisait partie d’une stratégie régionale visant à étouffer les médias indépendants. L’organisation appelle à l’annulation immédiate de cette décision abusive.

La junte militaire au Niger est arrivée au pouvoir en 2023, en partie en exploitant le mécontentement anti-français et l’insatisfaction du public face à l’inefficacité des forces de sécurité dans la lutte contre les groupes insurgés. Elle a promis un retour rapide à l’ordre démocratique tout en expulsant les forces de sécurité françaises et en intégrant des entreprises de sécurité russes.

La région du Sahel demeure l’une des plus instables au monde. Selon un rapport récent du Council on Foreign Relations, 51 % des décès liés au terrorisme dans le monde en 2024 ont eu lieu dans cette région. Le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Nigeria et le Tchad font face à des menaces sécuritaires majeures de la part de divers groupes islamistes et séparatistes.

La décision du Niger intervient peu avant la participation du président français Emmanuel Macron à une conférence spéciale au Kenya, visant à redéfinir le rôle postcolonial de la France en Afrique. Aucun des membres de l’AES ne prévoit d’y assister.

Source : Reporters Sans Frontières (RSF)

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