![[Interview] Roland Boschi, un dessinateur passionnément fidèle – Comics have the Power](https://i0.wp.com/comicspowercom.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/05/rolandboschi.jpg?fit=900%2C1200&ssl=1)
Interview : Roland Boschi, un dessinateur passionnément fidèle
Pour la sortie de Holy Roller chez Komics Initiative, Roland Boschi était à la librairie parisienne Central Comics. L’occasion d’échanger avec le dessinateur français sur sa carrière américaine et ses collaborations avec deux scénaristes.
Vous dessinez pour des éditeurs américains. Ce choix vient-il d’un goût personnel ?
« Je suis tout autant lecteur et admirateur d’artistes franco-belges que de comics, mais dessiner des comics est en partie un rêve de gosse. Ma déviance américaine est née par les publications comme Strange. Ces lectures m’ont fasciné et ont développé ce goût des super-héros et de la baston. »
Pourtant, plutôt qu’une formation artistique, vous faites du graphisme.
« Recalé aux Beaux-Arts de Lyon et Marseille, je suis allé à l’école qui m’acceptait [rires]. Pendant mon BTS, des profs sont devenus des amis. Voyant mon intérêt pour le dessin et la BD, l’un d’entre eux m’a permis de rentrer dans l’animation. J’ai commencé à gagner ma vie dès la sortie de l’école par de petits travaux puis des storyboards. Cette période m’a beaucoup appris sur la narration, la transformation d’un texte en images et la mise en scène. »
Vous commencez aux États-Unis chez DC par une courte histoire dans The Big Book of Weird Wild West.
« Par les publications françaises, je connaissais davantage Marvel, mais DC m’a ouvert la porte en 2000 en voyant par hasard mon portfolio. Être publié et payé aux États-Unis était fantastique. J’ai reçu une reconnaissance de la part d’un éditeur important. »
Étrangement, vous avez beaucoup travaillé chez Marvel sur des personnages violents.
« Dans mon portfolio, j’avais beaucoup de Ghost Rider. L’éditeur du personnage a accroché sur mes dessins et m’a proposé la série. Ensuite, on m’a recruté pour Wolverine Max puis Punisher Max. J’ai adoré dessiner ces personnages. »
Comment gérez-vous la représentation de la violence ?
« [rires] Quand je dessine des scènes gores, je ne suis pas traumatisé. Je le prends comme un gag. La violence fonctionne quand on la traite par l’exagération. »
Vous êtes fidèle à certains scénaristes comme Jason Aaron et Rick Remender.
« Ma carrière a commencé sur Ghost Rider avec Jason Aaron. Ensuite, Rick Remender m’a beaucoup sollicité chez Marvel. Il a été un grand soutien. »
Quelles qualités dans votre style stimulent leur envie d’écrire ?
« Je pense qu’ils aiment mon style réaliste et cartoony. Ils apprécient l’énergie de mes pages et surtout ma narration. Mes interprétations sont souvent laissées libres tant qu’elles ne contredisent pas l’histoire. »
Vous avez aussi dessiné l’univers Star Wars. Avez-vous réalisé un rêve de gamin ?
« Non, le projet m’est tombé dessus par hasard. L’éditeur m’a proposé de faire Star Wars avec Dark Vader. C’était anecdotique mais super sympa. »
Quels sont vos projets ?
« Je continue à faire des one-shots et des mini-séries chez Marvel. J’étais ravi de dessiner des personnages féminins dans Rogue Storm. Marvel m’a tendu la perche à un moment de creux professionnel. »
Même si vous n’êtes pas propriétaire des personnages ?
« Je touche une partie des droits d’auteur et ces projets m’apportent une exposition très large. Je ne peux pas me plaindre. »
Je tiens à remercier l’équipe de Central Comics qui a permis cet échange.
Source : Comics Power




