
Rodrigo Duterte jugé par la CPI pour crimes contre l’humanité
L’ancien président des Philippines, Rodrigo Duterte, sera jugé devant la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes contre l’humanité, a annoncé cette dernière le 23 avril. Les accusations concernent des actes commis durant sa célèbre « guerre contre la drogue » qui a eu lieu pendant son mandat de 2016 à 2022.
La CPI a précisé que « les juges de la phase préliminaire ont confirmé à l’unanimité l’ensemble des chefs d’accusation retenus contre Rodrigo Roa Duterte et l’ont renvoyé en jugement ». Les procureurs de la CPI ont inculpé Duterte, âgé de 81 ans, de trois chefs d’accusation, lui reprochant d’être impliqué dans au moins 76 meurtres liés à sa politique antidrogue, qui aurait causé la mort de milliers de personnes. Les accusations incluent le fait d’avoir « autorisé des meurtres » et « sélectionné personnellement » des victimes.
La confirmation des charges représente une avancée significative pour le Bureau du procureur, qui vise à tenir responsables ceux impliqués dans des exécutions extrajudiciaires et d’autres abus. Duterte sera ainsi le premier ancien chef d’État asiatique à comparaître devant la CPI, qui traite des crimes les plus graves, tels que les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.
Nicholas Kaufman, l’avocat de Duterte, a déclaré que la défense prouverait que la « politique d’État » attribuée à l’ex-président « n’est que pure fiction ». Il a aussi indiqué que les témoignages des détracteurs de Duterte n’auraient « absolument aucun poids ».
Il est probable que l’ex-président ne soit pas présent physiquement lors du procès, sa défense affirmant qu’il est trop affaibli mentalement pour suivre la procédure. Depuis son arrestation, il a été aperçu une seule fois par visioconférence, semblant désorienté.
Ritz Lee Santos, directrice d’Amnesty International Philippines, a salué cette décision, la qualifiant de « moment historique pour les victimes et la justice internationale ». Elle a ajouté que cela envoie un message fort : ceux accusés de crimes systématiques se retrouveront un jour devant la justice.
Source : Le Monde avec AFP




