Réunion avec Sébastien Lecornu : statu quo autour du corps électoral, la date des provinciales toujours pas fixée

Réunion avec Sébastien Lecornu : statu quo autour du corps électoral, la date des provinciales toujours pas fixée

Des discussions et une impasse. Au lendemain d’une réunion entre les représentants des formations politiques calédoniennes et le Premier ministre, Sébastien Lecornu, présent en visioconférence, les négociations entamées après le rejet du projet de réforme constitutionnelle, le 2 avril, semblent au point mort. « C’est le statu quo », confirme un participant.

En cause, l’éternelle question du corps électoral appelé à se prononcer aux prochaines élections provinciales. Selon nos informations, le Premier ministre aurait présenté deux scénarios aux responsables politiques locaux : une ouverture aux natifs, soit 10 575 personnes qui ne sont actuellement pas autorisées à participer au scrutin, et une ouverture aux natifs ainsi qu’aux conjoints de personnes disposant du droit de vote.

Les oppositions à ces deux cas de figure existent des deux côtés de l’échiquier politique. Le FLNKS, dont la délégation était emmenée par le député Emmanuel Tjibaou, estime que les provinciales doivent se tenir avec le corps électoral actuel, issu de l’accord de Nouméa encore en vigueur.

Quant aux Loyalistes, représentés par le député Nicolas Metzdorf, la présidente de la province Sud Sonia Backès, et son deuxième vice-président Gil Brial, ils jugent cette proposition d’ouverture partielle largement insuffisante, et continuent d’exiger ce que prévoyait l’accord de Bougival : l’inscription des personnes résidant depuis au moins 15 ans sur le territoire. « Chacun campe sur ses positions », constate un participant.

Toutefois, « le FLNKS n’est pas complètement fermé » à une ouverture aux natifs, observe un autre protagoniste. Parmi cette réserve d’électeurs nés sur le Caillou, 4 145 sont de droit civil coutumier et 6 430 de droit commun. L’intégration des natifs avait déjà été acceptée par le mouvement lors d’un comité des signataires en 2017. Cependant, depuis, les relations avec l’État et une partie des non-indépendantistes se sont tendues. Le FLNKS réunit son comité politique élargi, ce mercredi 29 avril aux quatre cocotiers (Saint-Louis), pour décider de sa position et de la suite à donner aux négociations en cours.

Autre point à l’ordre du jour, qui n’a pas non plus été tranché : la date du scrutin provincial. Le Conseil constitutionnel a donné jusqu’au 28 juin à l’État pour les organiser, en cas d’absence d’accord. L’échéance du 31 mai aurait également été évoquée par Sébastien Lecornu, dans le cas où aucun compromis sur le corps électoral n’était trouvé. Une perspective qui semble toutefois s’éloigner chaque jour : le décret de convocation des élections doit être pris en conseil des ministres au moins un mois avant la date retenue. Le Premier ministre a également proposé d’inscrire le préambule de l’accord de Nouméa dans la Constitution française, afin de « montrer l’attachement de la France au principe de décolonisation », révèle un élu.

Quid de la suite des discussions ? Selon nos informations, l’UNI, le FLNKS ainsi que Le Rassemblement ont demandé à Sébastien Lecornu l’organisation de réunions bilatérales entre le gouvernement français et chacune des formations politiques calédoniennes. Le reste des délégations pencherait davantage pour le maintien d’un format de rencontre plénière.

Source : LNC.

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