
Restaurants étoilés du Québec : un an après l’arrivée du Guide Michelin
Entre jubilation et déception, l’arrivée du Guide Michelin au printemps 2025 n’a pas laissé le Québec indifférent. À la veille de la deuxième sélection, qui sera révélée le mercredi 6 mai, l’heure est au bilan de cette première année étoilée.
Les plateformes de réservation confirment que les neuf tables québécoises qui ont décroché des étoiles sont pleines plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l’avance. Le Narval, à Rimouski, a rempli son année en une heure, le 1er janvier 2026, selon son propriétaire, le chef Norman St-Pierre. Mastard, à Montréal, est complet jusqu’à juillet, avec des réservations qui s’envolent dès qu’un nouveau mois se libère.
« Depuis mai 2025, il n’y a pas eu un seul service où on n’était pas plein », déclare François-Emmanuel Nicol, chef copropriétaire de Tanière³, le seul restaurant à avoir obtenu deux étoiles au Québec. Ce dernier a également été classé cinquième au palmarès North America’s 50 Best Restaurants.
Nicol souligne que 2025 a été la première année où son établissement a été rentable, lui permettant de créer quatre nouveaux postes et de voyager pour des événements culinaires à San Francisco, au Rhode Island et à New York. Il note que l’« effet Michelin » a également profité à ses fournisseurs, leur permettant de mieux planifier leurs productions.
Cependant, l’impact de Michelin sur la fréquentation est moins facile à mesurer pour les 17 restaurants retenus dans le « Bib gourmand » et pour les 74 qui ont été « sélectionnés ». Les organismes tels qu’Association restauration Québec et Tourisme Montréal n’ont pas de données sur les retombées économiques de cette initiative.
La province a longtemps rêvé de l’inclusion du Guide Michelin, et en 2023, des restaurateurs de Québec avaient même écrit au maire pour soutenir cette candidature. Un investissement de 2,1 millions de dollars a été consenti par plusieurs partenaires pour un contrat de trois ans avec Michelin, mais ce montant reste à confirmer en raison d’accords de confidentialité.
Aujourd’hui, le Guide Michelin partage l’espace médiatique avec d’autres classements culinaires, et son influence est remise en question. Malgré cela, il continue de susciter des discussions autour de la gastronomie québécoise.
Source : La Presse




