
Repas à un euro pour tous les étudiants : un budget de 50 millions d’euros face à un casse-tête logistique
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À partir du lundi 4 mai, tous les étudiants, quel que soit leur niveau de revenus, auront la possibilité de se restaurer dans les restaurants universitaires pour un euro. Cette initiative, longtemps réclamée par les organisations étudiantes, a été intégrée au budget 2026 comme une concession du gouvernement aux députés socialistes.
Actuellement, le repas à un euro est réservé aux étudiants boursiers et en situation de précarité. Les autres étudiants payaient jusqu’à présent 3,30 €. Ils avaient bénéficié temporairement de ce tarif réduit pendant la crise sanitaire liée au Covid-19.
50 millions d’euros alloués
Dans le cadre du budget 2026, 50 millions d’euros seront consacrés à cette mesure, afin de compenser le manque à gagner, le coût réel d’un repas étant estimé entre 8 et 9 euros. Ces fonds permettront également de recruter du personnel et d’investir dans le matériel de restauration. En plus des 7 500 agents déjà en place dans environ 800 points de vente, les Crous pourront engager 204 emplois équivalents temps plein (ETP), prévus pour une augmentation de 12 % du nombre d’étudiants non boursiers.
Un « Risque de saturation » ?
Le principal défi réside dans le risque de saturation des restaurants universitaires. Bénédicte Durand, présidente du Cnous, a souligné que la capacité d’accueil, la quantité de repas à servir et les files d’attente pourraient poser problème, notamment entre 12h00 et 13h00, période de forte affluence où plus de 50 % des passages en caisse ont lieu. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a insisté sur la nécessité de veiller à ce que les étudiants boursiers ne soient pas évincés par cette nouvelle mesure.
Un test avant la rentrée universitaire d’automne
La mise en place de ce repas à un euro en mai intervient durant une période creuse, servant potentiellement de test avant la rentrée universitaire d’automne, lorsque la fréquentation des restaurants universitaires sera plus élevée. Juliette, étudiante à Bordeaux, a déclaré : « Je n’ai pas un énorme budget pour vivre, je venais environ une fois par semaine manger au Crous, mais là clairement à un euro le repas, c’est imbattable. »
Une mesure inapplicable ?
Les inquiétudes persistent quant à l’effectivité de cette mesure, notamment pour les étudiants sur des sites sans restaurant géré par les Crous. Nicolas Oget, co-coordinateur du réseau des vice-présidents d’université chargés de la vie étudiante, a souligné que la question de l’accès reste cruciale. En 2025, les structures gérées par les Crous ont servi plus de 44 millions de repas, dont la moitié au bénéfice des étudiants boursiers et précaires.
Source : La Croix



