
Les ouragans changent de nature : le signal climatique que les chercheurs ne peuvent plus ignorer
La communauté scientifique s’accorde désormais sur un constat alarmant : les ouragans, cyclones et typhons deviennent de plus en plus pluvieux et se déplacent plus lentement. Cette évolution crée des conditions propices à des désastres de grande ampleur, avec des pluies prolongées sur des zones spécifiques, entraînant inévitablement des inondations plus graves.
Un débat persistant concerne l’intensité des vents associés à ces phénomènes. Bien que les études scientifiques aient parfois divergé, les recherches récentes, notamment celles issues de la science de l’attribution, tendent à montrer que le réchauffement climatique influence également la force des vents des ouragans.
Jeff Masters, scientifique et ancien chasseur d’ouragans pour la NOAA, souligne que l’établissement d’un lien entre la force des vents et le changement climatique était complexe auparavant, en raison de la qualité limitée des données jusqu’à la fin des années 1980. Aujourd’hui, les mesures sont plus précises et nombreuses, facilitant l’analyse des ouragans. Un rapport de Climate Central indique que le réchauffement planétaire a intensifié les vents des ouragans de l’Atlantique Nord de 3 à 12 % pour la saison 2024.
À première vue, une augmentation de 5 % des vents pourrait sembler négligeable. Cependant, selon la NOAA, cette hausse entraîne en réalité une augmentation des dommages de 50 %. Par exemple, des vents de 145 km/h causent quatre fois plus de dégâts que ceux de 121 km/h, tandis que des vents à 200 km/h peuvent provoquer jusqu’à 60 fois plus de destructions.
L’ouragan Helene, qui a frappé le sud-est des États-Unis en septembre 2024, en est un exemple tragique. Il a causé la mort d’au moins 250 personnes, et une élévation des températures mondiales aurait accru l’intensité des vents de 11 %.
Une étude de l’American Meteorological Society, citée par Jeff Masters, prévoit qu’un réchauffement de 2 °C d’ici 2050 pourrait entraîner une augmentation moyenne de 5 % des vents des ouragans par rapport à la période 1986-2005. Si ces prévisions se confirment, les ouragans futurs pourraient causer des dégâts considérablement plus importants, surtout dans des régions côtières de plus en plus urbanisées.
Source : Futura Sciences.




