
Proxité : un mentor pour changer l’avenir des jeunes
Il fait doux dans le parc derrière les locaux de l’association Proxité. Sarah Magniez, chargée de parrainage, suit près de 160 binômes mentor·mentoré depuis la rentrée. Âgée de 25 ans, elle accompagne des collégiens, lycéens, étudiants et jeunes en recherche d’emploi. « L’idée, c’est d’aider ces jeunes à ne pas se censurer, à croire qu’ils peuvent viser plus haut que ce qu’on leur a parfois laissé entrevoir », explique-t-elle.
Fondée en 2002 à Saint-Denis, Proxité est aujourd’hui présente dans une trentaine de villes françaises avec environ cinquante antennes. En 2023, plus de 2 300 jeunes issus de quartiers prioritaires ont bénéficié de l’accompagnement d’un mentor bénévole. À Rennes, l’antenne a connu une forte croissance, répondant à des besoins en orientation et en confiance, et est désormais active dans cinq quartiers.
Le fonctionnement de Proxité repose sur une relation régulière et personnalisée entre un jeune et un mentor, avec des rendez-vous hebdomadaires ou bihebdomadaires. L’impact est significatif : « C’est vraiment une relation interpersonnelle. Les bénévoles partagent leur expérience, leurs réussites comme leurs doutes », souligne Sarah Magniez. Les mentors, issus de divers horizons professionnels, découvrent le quotidien de jeunes éloignés des réseaux et constatent comment un simple appel ou une mise en relation peut ouvrir des portes.
L’autocensure constitue un véritable frein pour de nombreux jeunes, qui n’ont pas connaissance des différentes professions. « Beaucoup d’entre eux ne savent pas ce qu’est le travail d’un avocat, d’un ingénieur ou d’un professionnel de santé », note Sarah. Ce manque d’information transforme l’écart entre l’école et le monde professionnel en une barrière difficile à franchir.
Le mentorat permet de redonner confiance aux jeunes, souvent plus à l’aise lors des entretiens individuels. « Certains se révèlent, montrent de la persévérance et de la rigueur », observe-t-elle. Partager ces progrès avec les enseignants et les familles valorise les jeunes et favorise leur évolution.
Proxité insiste sur le rôle des entreprises dans cette dynamique. « Elles ont tout leur rôle à jouer. Ouvrir leurs portes, accueillir des jeunes, faciliter l’engagement bénévole… ça peut vraiment changer les choses », affirme Sarah. Beaucoup d’adolescents perçoivent les grands groupes comme inaccessibles. Le mentor, grâce à son réseau, devient un passeur, offrant un premier accès à un monde dont ces jeunes se sentent exclus.
Face aux évolutions rapides des métiers, Proxité multiplie les partenariats avec des associations spécialisées et des structures d’orientation pour élargir le champ des opportunités. Sarah Magniez conclut : « Quand je vois les jeunes qui se mobilisent malgré des conditions pas idéales… je me dis qu’ils vont y arriver. »
Source : Proxité



