
Recrudescence des sabotages en forêt : des entreprises en liaison directe avec la gendarmerie
Lors de coupes rases ou d’éclaircies, les entreprises d’exploitation forestière sont victimes d’incivilités ou d’agressions de militants hostiles. Un phénomène qui prend de l’ampleur ces dernières années. Près de 200 incidents, allant du simple tag au sabotage, ont été dénombrés en Nouvelle-Aquitaine depuis 2020.
Au cœur de la forêt de Vicq-sur-Breuilh (Haute-Vienne), un engin arrache et découpe des résineux malades. Pour surveiller le chantier, Éric Paillot, gérant de Mecafor, a investi 400 000 euros dans des équipements de sécurité, comprenant trois caméras de surveillance connectées à un système de télésurveillance. « Cela nous a permis d’entamer des procédures contre des personnes ayant commis des sabotages, et ces personnes ont été condamnées », indique-t-il.
Ces actes de malveillance prennent parfois des proportions dramatiques. Par exemple, un incendie volontaire a détruit en grande partie une entreprise à Ussel il y a huit ans. Michel Sarr, référent Fibois en Limousin, souligne que les professionnels hésitent souvent à porter plainte, craignant des représailles et la perte d’une journée de travail.
Face à cette recrudescence, la filière bois en Nouvelle-Aquitaine (Fibois) a mis en place un outil en ligne pour signaler les dégradations. Depuis 2021, 195 dégradations ont été déclarées dans les 12 départements de la région. Un partenariat a également été conclu avec la gendarmerie pour améliorer la communication et orienter les patrouilles sur les chantiers. « Connaître l’emplacement précis de tous les chantiers nous permettra de mieux agir sur le plan judiciaire », précise Julien Gossement, colonel à la Gendarmerie de Corrèze.
La majorité des incidents, souvent le fait de militants, vise principalement les coupes rases. Environ 77 % des actes recensés se produisent en Corrèze et en Dordogne.
Source : France 3 Régions



