
Birmanie : Aung San Suu Kyi purgera le reste de sa peine assignée à résidence
Le 30 avril 2026, le chef de la junte birmane, désormais président, a ordonné que l’ancienne dirigeante élue Aung San Suu Kyi, emprisonnée dans un lieu tenu secret, purge le reste de sa peine de prison en résidence surveillée.
Dans un communiqué, Min Aung Hlaing, qui avait orchestré le coup d’État de 2021 contre le gouvernement de Suu Kyi, a annoncé la « commutation » de la peine de cette femme de 80 ans. Le lieu de sa résidence n’a pas été précisé, mais une source de son ancien parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a indiqué à l’AFP qu’elle pourrait être maintenue à l’isolement dans la capitale Naypyidaw, sans que l’on sache exactement où.
L’ONU salue une étape importante
La décision des autorités birmanes de transformer la peine de prison d’Aung San Suu Kyi en résidence surveillée a été qualifiée d’« étape importante » par le porte-parole du secrétaire général de l’ONU. Stéphane Dujarric a déclaré qu’il s’agissait d’un pas vers des conditions favorables à un « processus politique crédible », tout en réitérant l’appel de l’ONU pour la libération de « tous les prisonniers politiques ».
Aung San Suu Kyi, détenue depuis le coup d’État, avait initialement été condamnée à plus de 30 ans de prison pour divers chefs d’accusation, allant de la corruption à la violation des réglementations liées au Covid-19. En 2023, une grâce lui avait permis de réduire sa peine à 27 ans.
Une figure populaire
Aung San Suu Kyi demeure une figure populaire en Birmanie, malgré son isolement. Sa famille a régulièrement exprimé des inquiétudes concernant la dégradation de son état de santé.
Min Aung Hlaing a accédé à la présidence au début du mois, à l’issue d’un processus électoral critiqué à l’international comme une « manœuvre pour prolonger le régime militaire sous une apparence de pouvoir civil », excluant la LND. Cette transition a été accompagnée d’un assouplissement de certaines mesures de répression, bien que les défenseurs de la démocratie considèrent cela comme un « changement de façade » visant à améliorer l’image du gouvernement, principalement composé d’anciens militaires.
Source : RFI






