
Quel est le véritable impact de l’élevage sur le climat ?
Publié le 28/04/2026 à 12:45
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La consommation de viande a des répercussions significatives sur le climat. Toutefois, les prairies où pâturent les bovins agissent également comme des puits de carbone, contribuant ainsi à la réduction du réchauffement climatique. Quel est donc le bilan global de l’élevage ?
Parmi tous les aliments que nous consommons, ceux issus de l’élevage, tels que la viande et les produits laitiers, sont les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), un kilo de bœuf génère environ 28 kg de CO2, tandis que le veau en émet 22 kg. En comparaison, le beurre produit presque 8 kg de CO2, et les fromages environ 5 kg. À l’opposé, les légumineuses comme les haricots, les lentilles ou le maïs restent en dessous de 1 kg de CO2.
L’élevage de ruminants est particulièrement problématique en raison de leur digestion, qui produit une quantité significative de méthane. Un bovin peut émettre jusqu’à 500 litres de méthane par jour. Ce gaz à effet de serre est extrêmement puissant, représentant près d’un tiers des émissions mondiales de méthane.
Cependant, la situation est plus nuancée. Les prairies où paissent les animaux jouent un rôle crucial dans le stockage du carbone. Selon Marc-André Selosse, microbiologiste au Muséum d’histoire naturelle, lorsque les ruminants broutent, cela entraîne la mort de racines, mais favorise également la repousse et, par conséquent, la séquestration de carbone dans le sol. Ce cycle permet de retirer du carbone de l’atmosphère, réduisant ainsi l’impact climatique de l’élevage.
Un rapport de l’Université Clermont-Auvergne indique que l’empreinte carbone des vaches laitières élevées en pâturage pourrait être neutre, les émissions de méthane étant compensées par le stockage de carbone des prairies. En revanche, l’élevage intensif, pratiqué hors-sol, est jugé nuisible pour le climat, surtout lorsque les animaux sont nourris avec du soja importé, souvent cultivé au détriment de la déforestation.
Pour les consommateurs soucieux de l’environnement, il est conseillé de privilégier les produits issus d’un élevage extensif et de se renseigner sur les pratiques d’élevage. En France, environ 64 % des vaches laitières pâturent plus de 210 jours par an. Les éleveurs qui nourrissent leurs animaux à l’herbe peuvent souvent bénéficier de filières de qualité où leur production est valorisée.
En conclusion, le débat sur l’élevage ne se limite pas à une simple opposition, mais concerne plutôt le type d’élevage pratiqué. Les consommateurs peuvent jouer un rôle actif en choisissant des produits respectueux de l’environnement et en s’informant sur l’origine de leur alimentation.
Source : Franceinfo



