
Qualité de l’air dans le métro : la justice impose un second souffle à la RATP
Après des mois de résistance, la justice a donné raison aux conducteurs de métro ; la RATP ne peut plus bloquer l’expertise sur la qualité de l’air. Cette décision marque une victoire tardive pour des agents qui respirent depuis longtemps des poussières toxiques.
Le métro parisien, considéré par certains comme un miracle d’ingénierie, transporte chaque jour des millions de passagers. Cependant, les conducteurs, qui évoluent dans un environnement confiné, sont exposés à une accumulation de particules fines. La direction de la RATP a longtemps minimisé les risques liés à cette exposition, jusqu’à ce que les syndicats saisissent la justice.
Un an après le vote initial, l’expertise sur la qualité de l’air est enfin validée. La RATP avait tenté de restreindre le périmètre de l’étude en excluant certaines phases et en limitant le nombre de conducteurs interrogés. Le coût total de l’opération est désormais de 200 137 €, un montant suffisant pour entamer les investigations.
L’étude se concentrera sur cinq lignes sélectionnées, menée par le cabinet Aderiss sous la direction de Nicolas Spire. Des entretiens individuels seront réalisés avec 37 conducteurs et encadrants, et un laboratoire indépendant analysera les échantillons d’air prélevés en cabine.
Selon Le Parisien, la direction de la RATP n’a pas émis de commentaire officiel suite à ce verdict. Les archives montrent cependant une opposition persistante, avec des contestations sur le protocole de prélèvement dès décembre 2025. Les inquiétudes sur la santé des conducteurs ne peuvent plus être ignorées.
Des données récentes confirment l’urgence de la situation. Une cartographie mise à jour par Airparif en 2026 révèle que certaines stations sont fortement exposées aux polluants. Des études antérieures avaient déjà souligné l’exposition des usagers, mais les agents, qui passent leurs journées dans les couloirs du métro, méritaient une analyse approfondie.
Le métro, véritable poumon de Paris, doit être sain. L’expertise à venir pourrait contraindre la RATP à investir dans la ventilation ou à modifier ses pratiques.
Source : Le Parisien





