Professeurs non remplacés en Alsace, le rectorat n'a plus les moyens

Professeurs non remplacés en Alsace : le rectorat face à des difficultés financières

À deux mois de la fin de l’année scolaire, plusieurs établissements scolaires en Alsace rapportent qu’ils ne peuvent plus embaucher de contractuels pour remplacer des professeurs absents. Le rectorat évoque des contraintes budgétaires.

« Le rectorat ne finance plus les remplacements des enseignants, en raison de contraintes budgétaires strictes. » Au collège privé Notre-Dame de Sion à Strasbourg, la direction a informé les parents d’élèves qu’une professeure ne serait pas remplacée jusqu’à la fin de l’année. Les parents s’indignent : « C’est scandaleux, ce sont six heures de maths qui sautent chaque semaine. »

Durant les vacances de printemps, l’établissement avait réussi à recruter deux remplaçantes, une en éducation physique et sportive et l’autre en physique-chimie. Cependant, après deux jours, le rectorat a demandé la cessation de leurs contrats. La remplaçante en physique-chimie a pu continuer à assurer des cours pour les élèves de 3ᵉ, mais seulement à hauteur de 30 % de son volume initial.

La situation est similaire au collège Saint-Étienne, qui a également reçu la directive de ne plus autoriser les remplacements d’enseignants « par manque de moyens » jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Dans un collège public du Bas-Rhin, un professeur contractuel a été informé avant les vacances de printemps que son remplacement s’arrêtait, alors que le titulaire n’était pas encore revenu. Un autre établissement a connu une situation identique, avec un contractuel en physique-chimie dont le remplacement a été interrompu avant le retour du titulaire.

Arnaud Sigrist, co-secrétaire académique du Snes-FSU Strasbourg, souligne : « Les budgets étant annuels, on comprend mal pourquoi les contrats de remplacements s’arrêtent en avril, c’est la première fois que ça arrive si tôt. » David Grisinelli, secrétaire académique de la Fédération Unsa-Éducation, note que « c’est hélas une pratique qui s’amplifie d’année en année. »

Le rectorat de Strasbourg n’a pas confirmé ces informations. Selon des sources internes, des consignes auraient été données lors d’une réunion avec les chefs d’établissement, stipulant qu’une tolérance serait accordée uniquement aux classes à examen (3ᵉ, première et terminale). « On nous avait déjà annoncé dernièrement qu’il y avait des problèmes budgétaires pour d’autres types de dépenses, » précise Grisinelli.

Les autres moyens de remplacement sont également limités. Le rectorat fait habituellement appel aux professeurs titulaires remplaçants (TZR), mais ces derniers sont souvent affectés à l’année dans les établissements, rendant leur mobilisation pour des remplacements courts quasi inexistante. De plus, depuis la rentrée 2022, des moyens avaient été alloués pour des remplacements de courte durée (RCD), mais ceux-ci sont désormais également suspendus.

Au moment de la publication de cet article, le rectorat de Strasbourg, sollicité le 13 mai, n’avait pas répondu à nos questions.

Source : France 3 Alsace

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